Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a exhorté le gouvernement à adopter sans délai un projet de loi destiné à permettre aux déposants de récupérer progressivement leurs fonds bloqués depuis l’effondrement du système financier en 2019, estimant qu’il s’agit d’une étape cruciale pour restaurer la confiance et relancer l’économie du pays.
S’exprimant à Beyrouth, Salam a souligné que tout retard supplémentaire risquait d’aggraver la défiance des citoyens et des investisseurs, alors que des millions de Libanais restent privés de leurs économies après des années de restrictions bancaires sévères.
L’effondrement financier, provoqué par des décennies de politiques budgétaires et monétaires non viables, de corruption et de gaspillage, a conduit l’État libanais à faire défaut sur sa dette souveraine et à une chute de plus de 90 % de la valeur de la livre libanaise, plongeant une large partie de la population dans la pauvreté.
Le projet de loi vise à combler un déficit de financement massif du système financier, évalué à environ 70 milliards de dollars en 2022, un chiffre que les autorités considèrent aujourd’hui comme encore plus élevé. Il prévoit des mécanismes de remboursement progressif des déposants, combinant versements étalés dans le temps et instruments financiers adossés à des actifs publics.
Le gouvernement a déjà approuvé plusieurs articles du texte, tandis que les discussions doivent se poursuivre avant une transmission au Parlement, profondément divisé. Nawaf Salam a insisté sur le fait que cette loi constituait une condition indispensable pour engager des réformes plus larges, renouer avec les partenaires internationaux et espérer une sortie durable de la crise économique qui paralyse le Liban depuis plus de six ans.