Les députés ont entamé vendredi l’examen d’une proposition de loi relative à la fin de vie, marquée par l’approbation d’un amendement crucial qui ouvre la voie à un droit à l’aide à mourir. Cet amendement, présenté par Elise Leboucher (LFI), permet à la personne concernée de choisir entre l’auto-administration du produit létal ou son administration par un professionnel de santé, médecin ou infirmier. Si le texte initial prévoyait que l’assistance ne soit possible que si le patient était physiquement incapable de procéder, cette modification a soulevé des débats importants sur l’équilibre du texte.
Vers un encadrement plus large mais controversé
L’élargissement des critères pour accéder à l’aide à mourir a fait réagir certains députés, comme Patrick Hetzel (LR), qui considère que ce changement transforme l’objet du texte, le qualifiant de passage vers une légalisation du suicide assisté et de l’euthanasie. L’amendement aurait pour conséquence de rendre le cadre plus large, allant au-delà des cas limités de souffrance insupportable. Si certains amendements, notamment ceux de Danielle Simonnet (Ecologistes et sociaux), ont été rejetés, les critères de la loi continuent de soulever des questions complexes, notamment concernant les directives anticipées des patients.
Les députés ont également abordé l’article fondamental du texte qui définit les critères d’accès à l’aide à mourir : être majeur, résider en France, être atteint d’une affection grave et incurable, et souffrir de douleurs réfractaires aux traitements. L’examen de cette proposition se poursuivra après les congés parlementaires, le 28 avril, avec un avis attendu de la Haute Autorité de Santé pour guider les débats.