LA HAYE, 25 juin 2025 — Le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a affirmé mercredi qu’il n’existait « aucune alternative » à une hausse significative des budgets de défense des pays alliés face à ce qu’il qualifie de menace sécuritaire à long terme posée par la Russie. Il s’exprimait à l’ouverture du sommet de l’Alliance atlantique à La Haye, aux Pays-Bas.
« Compte tenu de la menace à long terme que représente la Russie, mais aussi du renforcement massif de l’armée chinoise et du soutien de la Corée du Nord, de la Chine et de l’Iran à l’effort de guerre russe en Ukraine, il est impératif que nous investissions davantage dans notre sécurité collective », a déclaré Rutte, ancien Premier ministre néerlandais récemment nommé à la tête de l’OTAN.
L’appel intervient alors que les tensions avec Moscou ne faiblissent pas, plus de trois ans après l’invasion de l’Ukraine par la Russie. Malgré l’usure du conflit, les alliés occidentaux craignent un affaiblissement de leur posture dissuasive en Europe orientale, et Rutte s’est fait l’écho de cette inquiétude en exhortant les membres à respecter — voire à dépasser — les objectifs budgétaires fixés.
Les membres de l’OTAN s’étaient engagés dès 2014 à consacrer au moins 2 % de leur PIB à la défense. Or, seuls 22 des 32 pays membres atteignent actuellement ce seuil. Le secrétaire général pousse désormais pour un seuil de 3,5 %, accompagné d’investissements supplémentaires dans les infrastructures civiles mobilisables en temps de crise.
Ce message de fermeté s’inscrit dans une atmosphère tendue au sommet de La Haye, marqué par la pression du président américain Donald Trump pour une hausse rapide et uniforme des dépenses militaires parmi les alliés, et par des désaccords internes sur la manière d’impliquer l’Ukraine dans la structure de défense transatlantique.
Mark Rutte a insisté sur la nécessité de maintenir l’unité politique et militaire de l’alliance, alors que des divergences stratégiques et budgétaires menacent d’éroder la cohésion face à des adversaires qu’il décrit comme « de plus en plus coordonnés et agressifs ». Selon lui, « chaque euro investi aujourd’hui est un rempart contre les menaces de demain ».