Alors que le dispositif des Zones à faibles émissions (ZFE) est fragilisé par des critiques croissantes et un amendement parlementaire menaçant de les supprimer, le gouvernement tente un rétropédalage stratégique. Ce lundi 12 mai, les ministres Agnès Pannier-Runacher, François Rebsamen et Yannick Neuder réunissent à Paris les représentants des 42 collectivités concernées pour « remettre les choses en perspective » autour de la qualité de l’air.
Un dispositif allégé pour désamorcer la fronde
L’idée : restreindre l’obligation de mise en place des ZFE aux seules agglomérations de Paris et Lyon, tout en laissant les autres collectivités décider librement, avec une période d’adaptation jusqu’à fin 2026. L’objectif est d’éviter une révolte locale contre un dispositif perçu comme pénalisant pour les classes populaires, sans renoncer aux engagements en matière de santé publique. Officiellement, le gouvernement plaide pour « un dialogue constructif » sur la pollution de l’air, rappelant que les ZFE ne sont qu’un levier parmi d’autres.
Les ministres soulignent les progrès enregistrés depuis 2017, notamment une baisse de 31 % des oxydes d’azote. Mais ces résultats pourraient être balayés par les nouvelles normes européennes : d’ici 2030, 56 agglomérations pourraient dépasser les seuils de particules fines PM2,5 si rien n’évolue. En toile de fond, l’exécutif cherche à éviter de nouvelles condamnations judiciaires et à rassurer Bruxelles.
Car si la qualité de l’air s’améliore, les enjeux sanitaires restent lourds : environ 35.000 décès prématurés par an en France, selon les données officielles, liés à des maladies comme l’asthme, le diabète ou des troubles cognitifs. Les ZFE ne sont peut-être pas populaires, mais pour l’exécutif, elles demeurent un outil de santé publique difficile à enterrer.