La cote de confiance du président ukrainien Volodymyr Zelensky a chuté à son plus bas niveau depuis six mois, selon un sondage publié mercredi par l’Institut international de sociologie de Kiev (KIIS). Ce recul intervient après une vague de manifestations à travers le pays, déclenchées par une décision controversée visant à placer les agences de lutte contre la corruption sous l’autorité directe du procureur général, perçu comme proche du pouvoir exécutif.
La mesure, adoptée à la hâte par le parti de Zelensky fin juillet, a été largement critiquée pour son manque de transparence et la rapidité avec laquelle elle a été imposée. Elle a provoqué un rare soulèvement populaire, avec des milliers de citoyens descendus dans les rues de Kiev et d’autres grandes villes pour exprimer leur désaccord. Face à cette pression, le gouvernement a été contraint de faire marche arrière dans les jours qui ont suivi.
L’enquête d’opinion du KIIS, lancée dès le lendemain du vote controversé du 22 juillet, révèle une baisse significative de la popularité du président. Alors que 74 % des Ukrainiens déclaraient encore lui faire confiance en mai, ce chiffre est tombé à 58 % début août. Une chute marquée également par rapport au niveau de 67 % mesuré en février et mars de cette année.
La gestion de cette crise a soulevé des inquiétudes tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. La lutte contre la corruption est un élément central des attentes de la société civile ukrainienne, mais aussi une condition cruciale posée par les bailleurs internationaux, dont dépend fortement l’économie ukrainienne en pleine guerre. Plusieurs ONG ont exprimé leur crainte d’un recul démocratique au profit d’un renforcement du pouvoir exécutif.
Volodymyr Zelensky, élu en 2019 sur une promesse de transparence et de modernisation de l’État, voit ainsi sa légitimité ébranlée, malgré un soutien globalement fort depuis l’invasion russe. Le mécontentement populaire souligne les limites de la tolérance à l’égard de mesures perçues comme contraires aux principes démocratiques, même en temps de guerre.
Ce revers politique survient alors que le président ukrainien multiplie les efforts diplomatiques en Europe pour consolider les alliances, comme en témoigne sa récente rencontre avec le président italien Sergio Mattarella à Rome. Mais sur le front intérieur, la défiance croissante pourrait fragiliser davantage un pouvoir déjà mis à rude épreuve par les exigences de la guerre et la pression internationale.