Tribune radicale, sanction radicale : deux anciens généraux radiés de l’armée
Tribune radicale, sanction radicale : deux anciens généraux radiés de l’armée

Quatre ans après une tribune incendiaire publiée dans Valeurs actuelles, la sentence est tombée : deux anciens généraux de l’armée française viennent d’être radiés par décret pour avoir bafoué le devoir de réserve auquel ils restaient tenus, malgré leur retraite.

Une tribune aux relents factieux

Le 21 avril 2021, l’hebdomadaire Valeurs actuelles publiait un texte choc, signé par plusieurs militaires, dont les deux généraux concernés. Ils y dénonçaient un prétendu « délitement » de la France, pointant notamment « l’islamisme » et « les hordes de banlieue », tout en suggérant que l’armée pourrait être contrainte d’« intervenir » pour enrayer le « laxisme ». Un discours clairement politique, voire subversif, qui avait fait bondir le ministère des Armées. À l’époque, la ministre Florence Parly avait fustigé une tribune « irresponsable » et promis des sanctions à la hauteur de la transgression. Les deux généraux, bien qu’à la retraite, figuraient toujours dans les cadres de réserve mobilisables en cas de besoin : un statut qui les oblige à une stricte neutralité publique sur les sujets militaires et politiques.

Une radiation pour l’exemple

Le ministère des Armées a confirmé ce mercredi 23 avril 2025 à l’AFP que les deux hommes ont été radiés pour manquement à ce devoir de réserve, leurs décrets de radiation ayant été publiés au Journal officiel. Ce geste marque la volonté claire de l’institution militaire de rappeler que la liberté d’expression a des limites pour ceux qui portent ou ont porté l’uniforme. L’un des deux généraux n’en était pas à son premier écart. Il s’était récemment joint à une plainte – classée sans suite – visant plusieurs ministres, dont Gabriel Attal et Sébastien Lecornu, au sujet de la livraison d’équipements militaires à l’Ukraine. Une initiative perçue comme une nouvelle attaque contre la ligne officielle de l’État, et qui semble avoir scellé son sort. Derrière cette affaire, se joue aussi un enjeu plus large : celui de la séparation nette entre armée et politique dans une démocratie. Un principe que l’État entend visiblement défendre sans trembler.

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