L’Italie et l’Algérie ont annoncé mercredi un renforcement de leur coopération dans la lutte contre le terrorisme et la gestion des flux migratoires, à l’occasion d’un sommet intergouvernemental organisé à Rome. La rencontre, qui s’est tenue dans le cadre prestigieux de la Villa Doria Pamphili, a réuni la Première ministre italienne Giorgia Meloni et le président algérien Abdelmadjid Tebboune, illustrant la solidité des liens entre les deux pays méditerranéens.
Selon des documents consultés par Reuters, les deux gouvernements signeront un mémorandum d’entente axé sur la lutte contre le terrorisme et son financement, bien que le texte ne détaille pas les groupes ou les menaces spécifiques visés. Le partenariat s’inscrit dans un contexte régional tendu, où l’instabilité persistante au Sahel et en Libye alimente les préoccupations sécuritaires de part et d’autre de la Méditerranée.
Sur le dossier migratoire, Rome et Alger se sont engagés à coordonner davantage leurs efforts en matière de recherche et de sauvetage en mer, ainsi que dans la lutte contre les réseaux de passeurs. Un plan d’action commun devrait être élaboré pour encadrer les opérations sur le long terme, dans un esprit de responsabilité partagée.
Au-delà des questions sécuritaires, le sommet a également été l’occasion de consolider les relations économiques bilatérales. Des entreprises italiennes et algériennes ont signé plusieurs accords dans les secteurs de l’énergie, des télécommunications et des infrastructures. L’Italie a rappelé que l’Algérie est son principal partenaire commercial sur le continent africain, avec un volume d’échanges atteignant près de 14 milliards d’euros, et des investissements italiens totalisant 8,5 milliards.
Le géant italien de l’énergie Eni, très actif en Algérie, pourrait voir sa coopération étendue dans le cadre d’une stratégie commune d’indépendance énergétique vis-à-vis de la Russie. Des entreprises comme Telecom Italia figurent également parmi les acteurs clés de cette relation stratégique, notamment pour le développement des réseaux numériques dans la région.
Cette rencontre de haut niveau témoigne de la volonté partagée de renforcer le partenariat entre les deux rives de la Méditerranée, à la fois sur le plan sécuritaire, économique et diplomatique. Dans un contexte marqué par l’instabilité géopolitique, Rome et Alger entendent jouer un rôle central dans la stabilité régionale et le dialogue euro-africain.