En inaugurant le stand du ministère au Salon de l’agriculture, la ministre Annie Genevard a placé la productivité et la compétitivité au cœur de ce qu’elle qualifie de « grand réveil alimentaire », lancé en décembre au nom de la souveraineté. Face à une agriculture française qu’elle estime fragilisée, la ministre a plaidé pour un « grand sursaut agricole » afin de relancer les volumes de production et renforcer la position de la France sur les marchés.
Rappelant que la balance commerciale agroalimentaire a frôlé l’équilibre en 2025, une première depuis 1970, Annie Genevard a insisté sur la nécessité de « produire davantage » pour enrayer le déclin. Elle a défendu une agriculture tournée vers l’exportation et dénoncé les discours prônant la décroissance. Dans son intervention, les priorités affichées sont claires : production, réindustrialisation, compétitivité et amélioration du revenu des agriculteurs.
Une loi d’urgence agricole attendue avant 2027
La ministre a également mis en avant la future loi d’urgence agricole, en cours d’élaboration, qui devrait être présentée en mars pour un examen parlementaire cet été. Elle souhaite que le texte soit définitivement adopté avant 2027, dans un calendrier politique qu’elle juge contraint. Ce projet doit notamment aborder les questions de l’eau, de la prédation par le loup et des moyens de production.
Pour soutenir la compétitivité, Annie Genevard a rappelé les mesures déjà engagées : allégement de charges à hauteur d’un demi-milliard d’euros, simplification administrative avec le principe de contrôle unique, autorisation de l’usage des drones en agriculture ou encore investissements dans la recherche et l’innovation. Elle a aussi affirmé vouloir défendre un budget agricole européen solide et lutter contre la concurrence jugée déloyale.
La ministre a enfin ouvert le débat sur la « taille critique » des exploitations françaises, majoritairement familiales et de taille intermédiaire, s’interrogeant sur leur capacité à rivaliser avec de grandes structures en Europe de l’Est ou ailleurs. Une prise de position saluée par la FNSEA, tandis que d’autres syndicats agricoles ont choisi de ne pas assister à son discours.