Le Royaume-Uni et l’Union européenne ont annoncé lundi la signature d’un accord historique de « réinitialisation » de leurs relations, près de cinq ans après le Brexit. Ce nouveau cadre de coopération, présenté comme le plus important depuis la sortie du Royaume-Uni de l’UE, couvre des domaines aussi variés que la défense, le commerce, la mobilité ou encore la gestion de l’énergie.
Au cœur de cet accord, un pacte de défense et de sécurité marque un tournant majeur. Il permettra au Royaume-Uni d’accéder à un programme européen de réarmement doté de 150 milliards d’euros, avec la possibilité de participer à des opérations de gestion de crise et à des achats conjoints. Cette décision, que les gouvernements conservateurs précédents avaient toujours écartée, intervient dans un contexte marqué par la guerre en Ukraine et les pressions américaines pour un partage plus équitable des charges au sein de l’OTAN.
Dans le domaine du commerce, l’accord met notamment l’accent sur la réduction des contrôles aux frontières pour les produits agricoles grâce à un accord sanitaire et phytosanitaire, sans limite de durée. Londres assure que les normes alimentaires britanniques resteront inchangées, y compris dans ses discussions avec les États-Unis.
Autre volet stratégique : la mobilité. Les deux parties travailleront à un programme visant à faciliter les déplacements et le travail des jeunes de moins de 30 ans. Le Royaume-Uni insiste sur le caractère limité et encadré du dispositif, rejetant tout retour à la liberté de circulation. Parallèlement, un renforcement de la coopération est prévu pour lutter contre l’immigration irrégulière.
En matière de pêche, Londres et Bruxelles se sont accordés sur une prolongation de l’accès réciproque aux eaux territoriales jusqu’en 2038, prolongeant de 12 ans les règles en vigueur. Aucun changement de quota n’est prévu, tandis que le Royaume-Uni investira 360 millions de livres pour moderniser sa flotte de pêche.
Le texte prévoit également des avancées vers une réintégration du Royaume-Uni dans le marché intérieur de l’électricité de l’UE, un enjeu crucial alors que le pays a importé 14 % de son électricité en 2024. Sur le climat, Londres et Bruxelles s’engagent à relier leurs marchés du carbone, afin d’harmoniser les prix et éviter les doublons réglementaires à l’approche de l’entrée en vigueur de la taxe carbone européenne.
Enfin, les discussions se poursuivront sur d’autres dossiers comme la reconnaissance mutuelle des qualifications professionnelles, la facilitation des tournées d’artistes ou encore le partage de données. Cet accord marque une nouvelle phase de rapprochement entre le Royaume-Uni et l’UE, sans pour autant remettre en cause le cadre global du Brexit.