Malgré une vive opposition syndicale, Rachida Dati maintient le cap. Invitée ce mercredi 7 mai sur France Inter, la ministre de la Culture a confirmé que la réforme de l’audiovisuel public, retardée en avril, reviendra à l’ordre du jour de l’Assemblée nationale « sans doute en juin ». Objectif : créer une holding baptisée France Médias, chapeautant France Télévisions, Radio France et l’INA.
La ministre assume une volonté claire : « Je suis déterminée, et la détermination du président de la République et du Premier ministre est intacte. » Le texte, déjà adopté au Sénat, entend créer une gouvernance unifiée avec une présidence et un conseil d’administration communs, tout en conservant l’identité des entités. Dati vise une stratégie « convergente et puissante » pour résister aux plateformes et aux groupes privés, et critique un service public devenu selon elle « un club pour les CSP+ et les plus âgés ».
Des critiques virulentes contre Radio France
La ministre n’a pas mâché ses mots contre l’actuelle direction de Radio France, dénonçant une réforme « caricaturée comme d’extrême droite », en visant directement Sibyle Veil. Pourtant, Radio France reste leader d’audience avec des performances solides, y compris auprès des jeunes. Dati insiste néanmoins : « Il y a des métiers qui vont évoluer, surtout sur le numérique, où l’audiovisuel public n’est pas au niveau. »
Ce projet, relancé dès l’arrivée de Rachida Dati rue de Valois début 2024, suscite une forte opposition. Une grève massive a eu lieu le 10 avril dernier. Les syndicats redoutent une « fusion déguisée » et dénoncent un texte « pas à la hauteur des enjeux ». Le gouvernement, lui, veut aller vite : la tenue du débat parlementaire en juin marquera une nouvelle étape cruciale vers la restructuration de l’audiovisuel public français.