Le débat autour de la suppression de l’Aide médicale d’État (AME) s’est enflammé ce week-end entre le Rassemblement national et Les Républicains. Invité samedi sur Franceinfo, le député RN de l’Oise, Philippe Ballard, a réaffirmé la volonté de son parti de « supprimer l’Aide médicale d’État, symbole du laxisme migratoire », pour la remplacer par une « Aide médicale d’urgence », réservée aux soins vitaux. Cette mesure ferait parti du contre budget du RN qui sera présenté dans les prochains jours par Jean-Philippe Tanguy. « Les députés LR devront choisir leur camp : voter cette suppression ou trahir encore leurs électeurs », a lancé l’élu, plaçant ses anciens alliés face à un choix politique assumé.
La réplique n’a pas tardé à venir. Sur le réseau X, le député LR de l’Aisne, Julien Dive, lui a répondu sèchement : « Les députés Les Républicains portent depuis 2023 l’AMU qu’ils avaient inscrite dès les débats sur la loi asile et immigration. Quand on n’a pas d’idée, on pratique la stratégie du coucou. » Une manière de rappeler que la transformation de l’AME en aide médicale d’urgence est une proposition d’abord défendue par la droite classique, avant d’être reprise par le RN.
Une réforme nécessaire mais contestée
Le projet d’AMU, soutenu notamment par Bruno Retailleau lorsqu’il était ministre de l’Intérieur, prévoit de limiter la prise en charge des sans-papiers aux soins vitaux, aux maladies graves et aux urgences médicales, tout en maintenant les soins liés à la grossesse et les vaccinations. Les partisans de cette réforme estiment qu’elle permettrait de mettre fin à un dispositif jugé trop coûteux et trop attractif pour l’immigration clandestine.
Mais cette transformation fait débat. Plusieurs rapports officiels, dont celui remis en décembre 2023 au gouvernement Borne par Claude Évin et Patrick Stefanini, avaient mis en garde contre une telle mesure, la jugeant « coûteuse, inapplicable et potentiellement dangereuse pour la santé publique ». Les auteurs estiment qu’une limitation drastique des soins pourrait paradoxalement alourdir la charge des hôpitaux, déjà saturés.