Nice accueille la troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan: un tournant pour la protection marine mondiale
Nice accueille la troisième Conférence des Nations unies sur l’Océan: un tournant pour la protection marine mondiale

Neuf ans après Lisbonne et huit ans après la COP21, la planète bleue se tourne cette fois vers la Méditerranée. C’est à Nice, du 9 au 13 juin 2025, que se tient la 3e Conférence des Nations unies sur l’Océan, un sommet mondial crucial pour l’avenir de nos mers et de la biodiversité marine. Coorganisée par la France et le Costa Rica, cette édition se veut plus ambitieuse que jamais : faire pour l’océan ce que l’Accord de Paris a fait pour le climat en 2015.

Une mobilisation planétaire pour l’ODD 14

L’objectif est clair : accélérer la mise en œuvre de l’Objectif de développement durable 14 (ODD14), consacré à la conservation et à l’utilisation durable de l’océan, des mers et des ressources marines. Alors que le réchauffement climatique, l’acidification des océans, la pollution plastique ou encore la surpêche menacent les écosystèmes marins, les organisateurs veulent faire de cette conférence un tournant décisif.

Réunissant chefs d’État, ministres, scientifiques, ONG, entreprises et représentants de la société civile, UNOC3 s’inscrit dans une dynamique résolument tournée vers l’action. « Il faut que cette conférence soit celle de l’engagement, de la science, de la justice océanique », a déclaré Hervé Berville, secrétaire d’État chargé de la Mer, lors de la cérémonie d’ouverture.

Trois priorités au cœur du sommet

Le sommet s’articule autour de trois axes prioritaires définis par les États coorganisateurs :

Renforcer les processus multilatéraux liés à l’océan : le sommet veut soutenir les négociations internationales en cours, notamment autour du traité sur la haute mer , entré en vigueur cette année, et de la gouvernance des aires marines protégées au-delà des juridictions nationales.

Mobiliser les financements pour une économie bleue durable : l’accent est mis sur le rôle de la finance océanique pour accompagner la transition écologique des secteurs maritimes (pêche, transport, énergies marines renouvelables). De nouveaux fonds devraient être annoncés par les banques multilatérales et les donateurs privés.

Renforcer la science et l’innovation marine : alors que les données océaniques restent encore trop lacunaires, l’UNOC3 promeut l’accès ouvert aux données, les technologies d’observation (satellites, capteurs autonomes), ainsi que le rôle des communautés scientifiques pour guider les décisions politiques.

Un sommet sous haute attention géopolitique

Dans un contexte mondial marqué par les tensions autour des ressources naturelles, le partage équitable des bénéfices tirés de la biodiversité marine en haute mer sera un sujet clé des négociations. La présence de plusieurs chefs d’État, dont Emmanuel Macron, Rodrigo Chaves Robles (président du Costa Rica) et António Guterres (secrétaire général de l’ONU), souligne l’enjeu stratégique de la gouvernance maritime.

Le sommet est aussi l’occasion de valoriser les solutions locales portées par les territoires ultramarins, les peuples autochtones et les jeunes générations engagées pour l’océan, notamment via le Forum de la jeunesse océanique et les conférences citoyennes parallèles.

Vers un accord global pour les océans ?

L’ambition de la conférence est de déboucher sur un plan d’action mondial pour l’ODD 14, assorti de financements concrets et d’engagements juridiquement contraignants. Certains observateurs évoquent déjà un « Accord de Nice » qui pourrait être soumis à validation lors de la prochaine Assemblée générale de l’ONU.

« L’océan est notre bien commun. Sa santé conditionne notre avenir à tous. UNOC3 doit être un électrochoc pour repenser notre rapport à la mer, au vivant et à l’économie », a indiqué Audrey Azoulay, directrice générale de l’UNESCO.

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