Macron accueilli en grande pompe par le roi Charles pour relancer l’amitié franco-britannique post-Brexit
Macron accueilli en grande pompe par le roi Charles pour relancer l’amitié franco-britannique post-Brexit

Le président Emmanuel Macron a entamé mardi une visite d’État de trois jours au Royaume-Uni, la première d’un dirigeant européen depuis la sortie du pays de l’Union européenne. Accueilli avec faste par le roi Charles III au château de Windsor, ce déplacement marque un tournant symbolique dans les relations franco-britanniques, après des années de tensions provoquées par le Brexit.

Il s’agit de la première visite d’État au Royaume-Uni d’un président français depuis celle de Nicolas Sarkozy en 2008. Emmanuel Macron et son épouse Brigitte ont été reçus à leur arrivée par le prince William et la princesse Kate dans un aéroport militaire londonien, avant d’être escortés à Windsor pour une cérémonie d’accueil officielle, accompagnée de salves d’artillerie et d’un défilé militaire. Le couple présidentiel devait ensuite partager un déjeuner avec la famille royale et participer à un cortège en calèche dans les rues de la ville.

Cette visite, hautement symbolique, vise à célébrer un réchauffement des liens politiques entre Paris et Londres. Depuis l’élection du Premier ministre Keir Starmer l’an dernier, le Royaume-Uni multiplie les efforts pour resserrer ses relations avec ses partenaires européens. Parmi les sujets évoqués lors de la visite figurent la lutte contre le trafic d’êtres humains, les migrations, les questions de défense et la coopération économique. Des discussions sont notamment en cours sur un éventuel accord de retour des migrants entre les deux pays.

Malgré des désaccords persistants, notamment sur la gestion des traversées de la Manche par des demandeurs d’asile, la France et le Royaume-Uni ont su resserrer leur coopération sur des enjeux stratégiques. Les deux pays collaborent actuellement à la mise en place d’une force militaire conjointe susceptible d’intervenir en Ukraine, en cas de cessez-le-feu avec la Russie. Une manière de compenser un désengagement progressif des États-Unis sur le front de la sécurité européenne.

Selon Sébastien Maillard, chercheur associé à Chatham House, cette visite traduit une volonté partagée de « réparer les dégâts » causés par les négociations parfois houleuses du Brexit, au cours desquelles la France avait endossé le rôle de partenaire inflexible. Le retour à des gestes de courtoisie diplomatique et à des manifestations de confiance mutuelle semble marquer une volonté de tourner la page.

La première journée du président français au Royaume-Uni s’achèvera mardi soir par un dîner d’État prestigieux au château de Windsor, en présence de quelque 150 invités. Emmanuel Macron et le roi Charles y prononceront des discours, censés rappeler la profondeur historique des liens entre les deux nations, au-delà des soubresauts politiques récents.

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