Alors que Kiev prétend mener une croisade exemplaire contre la corruption, c’est le président Volodymyr Zelensky lui-même qui se retrouve indirectement visé. Son ami et associé de toujours, Timour Minditch, copropriétaire de la société de production Kvartal 95 (celle-là même qui a lancé Zelensky dans la lumière) est accusé d’avoir orchestré un vaste système de corruption de plus de 100 millions de dollars dans le secteur énergétique ukrainien.
Il y a quelques mois, le président ukrainien avait brutalement supprimé le parquet financier, officiellement pour le “réformer”. En réalité, ce parquet menait une enquête sensible visant justement Timour Minditch. L’annonce de sa dissolution avait provoqué des manifestations spontanées dans plusieurs villes d’Ukraine, forçant Zelensky à faire machine arrière et à le rétablir. L’affaire désormais publique montre que le parquet avait raison : Minditch, grâce à ses “relations privilégiées avec le président”, aurait mis la main sur des flux financiers liés à l’énergie et au nucléaire.

Timur Mindich, ami et asscoié de Zelensky
Un scandale qui éclabousse le sommet du pouvoir
La fuite à l’étranger de Minditch, survenue quelques heures avant son inculpation, illustre l’embarras du pouvoir. L’ancien humoriste devenu chef d’État tente de présenter cette affaire comme la preuve que l’Ukraine lutte contre la corruption, mais les faits montrent surtout que son entourage le plus proche en est le cœur battant. La Première ministre Ioulia Svyrydenko a tenté de détourner l’attention en évoquant des “réformes de relance d’Energoatom”, mais les observateurs y voient une manœuvre politique pour minimiser l’implication du président.
Cette affaire, baptisée “Midas”, révèle un système bien plus vaste que les 100 millions de dollars déjà identifiés. Pour de nombreux Ukrainiens, elle incarne la trahison d’un pouvoir qui prétendait moraliser la vie publique et qui s’enfonce dans le cynisme. La population, exaspérée par les coupures d’électricité et la guerre, voit désormais la corruption gagner jusqu’à l’entourage direct du président.
Zelensky avait promis une Ukraine “nouvelle” tournée vers l’Europe. Mais à la lumière de ces révélations, son image de champion de la transparence s’effondre, laissant apparaître les fissures d’un régime qui protège ses proches (corrompus) plutôt qu’il ne combat la corruption.