Le Parlement ukrainien a voté ce jeudi à une écrasante majorité en faveur du rétablissement de l’indépendance de deux agences clés de lutte contre la corruption, mettant ainsi un terme à une crise politique majeure qui menaçait la stabilité du pouvoir à Kiev. Cette réforme, saluée comme un pas décisif vers une gouvernance plus transparente, intervient dans un contexte de pressions croissantes, tant internes qu’externes.
Adopté par 331 voix contre aucune, le texte a été présenté par le président Volodymyr Zelenskiy lui-même, en réponse à une vague de manifestations populaires et à une série d’avertissements émanant des institutions européennes. La décision vise à restaurer la crédibilité du gouvernement ukrainien alors que le pays poursuit ses efforts pour rejoindre l’Union européenne, tout en luttant contre l’agression militaire russe.
Depuis plusieurs semaines, des milliers de citoyens ukrainiens s’étaient mobilisés dans les rues pour dénoncer une série d’amendements controversés qui avaient affaibli l’autonomie de la Haute Autorité nationale anticorruption (NABU) et du Bureau du procureur spécialisé anticorruption (SAPO). Ces institutions, créées sous la pression des bailleurs internationaux après 2014, jouent un rôle central dans la lutte contre la corruption endémique en Ukraine.
Le retour à leur indépendance pleine et entière est perçu comme une victoire pour la société civile et un signal fort envoyé aux partenaires européens. Plusieurs responsables de l’Union européenne avaient exprimé ces derniers jours leur inquiétude face à un possible recul institutionnel. Bruxelles avait même laissé entendre que l’ouverture formelle des négociations d’adhésion pourrait être compromise si Kiev ne redressait pas la situation.
Cette réforme intervient à un moment crucial pour l’Ukraine, qui doit simultanément faire face à la guerre, gérer les flux d’aide internationale et préserver la confiance de ses alliés occidentaux. Pour le président Zelenskiy, il s’agit aussi de réaffirmer son engagement envers les principes de l’État de droit, à un moment où la société ukrainienne exige davantage de responsabilité et de transparence.
Reste à voir si cette restauration d’indépendance sera suivie d’effets concrets dans les enquêtes et poursuites liées à la corruption, notamment dans les sphères politiques et économiques les plus sensibles. Mais pour l’heure, le vote du Parlement marque une inflexion politique significative, et un réajustement salué par les observateurs comme un « retour sur la bonne voie » dans le processus de réformes engagé par Kiev.