LFI boycott un journaliste du Monde et provoque un tollé dans la presse (photo : site LFI)
LFI boycott un journaliste du Monde et provoque un tollé dans la presse (photo : site LFI)

L’université d’été de La France insoumise, organisée à Châteauneuf-sur-Isère, a pris un tournant polémique après le refus du parti d’accréditer Olivier Pérou, journaliste du Monde et co-auteur du livre-enquête La Meute, très critique sur le fonctionnement interne du mouvement mélenchoniste. Une décision qui a déclenché une vague d’indignation dans la profession.

Une atteinte grave à la liberté de la presse

La direction de Libération a immédiatement annoncé que son envoyé spécial quittait les lieux « en signe de protestation », tandis que les sociétés des journalistes de près de trente rédactions (dont France Télévisions, LCI, Le Parisien, Mediapart et Les Échos) ont publié un communiqué commun dénonçant « une atteinte grave au droit d’informer ». Pour Jérôme Fenoglio, directeur du Monde, il s’agit d’« une entrave caractérisée à la liberté de la presse », rappelant qu’aucun autre parti n’avait jamais pris une telle mesure d’exclusion.

De son côté, LFI a tenté de se justifier en accusant le journaliste de « diffamation » et d’« inventions » dans son livre. Mais ce prétexte n’a convaincu personne. Plusieurs voix soulignent qu’un parti qui prétend lutter contre l’extrême droite ne peut adopter les méthodes d’exclusion et de contrôle de l’information qu’il dénonçait autrefois.

Cet épisode illustre une fois de plus le rapport conflictuel de LFI avec la presse critique et alimente les accusations d’autoritarisme pesant sur Jean-Luc Mélenchon et ses proches. Un « coup de semonce », selon de nombreux journalistes, qui préviennent qu’un tel précédent, s’il était banalisé, menacerait directement le pluralisme démocratique.

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