La Commission américaine des droits civiques a lancé une vaste enquête sur la manière dont le gouvernement fédéral a répondu aux allégations d’antisémitisme dans les universités, notamment durant les administrations Biden et Trump. Cette initiative bipartite, mais dirigée par des démocrates, pourrait constituer l’une des évaluations officielles les plus approfondies jamais menées sur les tensions liées à l’antisémitisme sur les campus américains.
L’enquête vise à examiner la réponse fédérale face aux nombreuses plaintes d’actes antisémites signalés dans des établissements d’enseignement supérieur, en particulier après l’attaque du Hamas contre Israël en octobre 2023. Elle pourrait aussi porter un regard inédit sur les menaces de coupures de financements adressées par l’administration Trump à certaines universités, notamment Columbia, accusées de ne pas lutter suffisamment contre les discours antisémites.
Selon des documents consultés par Reuters, la commission a déjà envoyé des demandes officielles aux universités concernées afin d’obtenir toutes les communications échangées avec des responsables fédéraux. Des auditions publiques sont également prévues pour novembre, avec des témoins issus du monde académique, gouvernemental et associatif. Un rapport final est attendu dans un an.
La présidence de la commission, assurée par la démocrate Rochelle Garza, avait déjà suscité la colère de certains membres républicains. Toutefois, la décision d’ouvrir l’enquête a été votée à l’unanimité en janvier, quelques jours avant le retour de Donald Trump à la présidence. L’ancien président avait promulgué dès le début de son mandat un décret élargissant les possibilités d’intervention fédérale contre l’antisémitisme, notamment en autorisant l’ouverture d’enquêtes sur certaines manifestations étudiantes.
L’enquête s’annonce particulièrement sensible, car elle pourrait mettre en lumière des failles dans la protection des étudiants juifs, mais aussi soulever des débats sur la liberté d’expression sur les campus. Elle intervient dans un climat politique polarisé, où les accusations d’antisémitisme, les critiques d’Israël et les mobilisations étudiantes sont souvent instrumentalisées à des fins partisanes.