« L’élevage peut mourir en France » : Sarah Knafo alerte et accuse l’État d’abandonner les agriculteurs
« L’élevage peut mourir en France » : Sarah Knafo alerte et accuse l’État d’abandonner les agriculteurs

Invitée de BFM Politique ce dimanche, l’eurodéputée Reconquête Sarah Knafo a livré un plaidoyer appuyé en faveur des agriculteurs français, dénonçant l’attitude des pouvoirs publics et des partis de gouvernement face à la crise agricole. Elle a regretté que le monde paysan ne soit évoqué dans le débat public « que lorsqu’il bloque », alors que sa situation économique et humaine se dégrade depuis des années dans une relative indifférence.

Sarah Knafo a insisté sur la spécificité des mobilisations agricoles, loin selon elle de toute logique de violence ou de destruction. « Les agriculteurs ne peuvent pas tenir longtemps une révolte », a-t-elle rappelé, soulignant que quitter une exploitation signifie laisser les bêtes, les cultures et donc risquer la survie même de l’exploitation. À ses yeux, ces actions sont des sacrifices contraints, entraînant des pertes économiques majeures, et non des démonstrations idéologiques ou radicales.

L’eurodéputée a également vivement critiqué la réponse de l’État, se disant choquée par l’usage de moyens coercitifs contre les agriculteurs. Elle a évoqué des images de gaz lacrymogène et d’hélicoptères de gendarmerie, y voyant le symbole d’un État « faible avec les délinquants » mais « impitoyable avec les honnêtes gens ». Une fermeté qu’elle juge d’autant plus injuste que, pour les éleveurs, l’enjeu est selon elle « une question de vie ou de mort », avec le risque réel de voir disparaître l’élevage français dans les prochaines décennies.

Sur le fond économique, Sarah Knafo a mis en cause les choix politiques européens et français, accusant les accords de libre-échange, notamment avec le Mercosur, de sacrifier l’agriculture et l’élevage au profit de l’industrie automobile allemande. Elle estime que ces traités favorisent l’importation de produits agricoles étrangers en échange d’exportations industrielles, au détriment des producteurs français. Refusant toute logique de nouvelles taxes ou de « fausses économies » faites sur le dos du monde paysan, elle a martelé une ligne claire : préserver l’agriculture française relève de l’intérêt national, et non d’une variable d’ajustement budgétaire ou diplomatique.

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