À peine installé à Matignon, Sébastien Lecornu doit déjà défendre son gouvernement. Ce lundi matin, La France insoumise et le Rassemblement national ont chacune déposé une motion de censure contre l’exécutif, inaugurant une nouvelle séquence d’incertitude politique.
Le gouvernement peut-il vraiment tomber ?
Si l’on additionne les forces de LFI (71 députés), du RN (123) et de leurs alliés de l’UDR (16), la barre des 289 voix, nécessaire pour renverser le gouvernement, n’est pas atteinte. Même un soutien partiel de certains députés non inscrits, du groupe LIOT ou d’éventuels dissidents d’Horizons ne suffirait pas à faire basculer le vote.
Les regards se tournent donc vers les socialistes, arbitres du scrutin à venir. Le PS conditionne son vote à une suspension de la réforme des retraites et au renoncement à l’usage du 49.3. « Si le gouvernement ne suspend pas la réforme, il n’aura pas notre confiance », répètent plusieurs élus du groupe. Mais en interne, les Jeunes Socialistes ont déjà tranché et appellent à voter la censure « sans hésitation ».
Devant le siège du Rassemblement national cet après-midi, Jordan Bardella a demandé aux socialistes de clarifier leur position : « Le PS doit sortir de l’ambiguïté. Sont-ils avec Emmanuel Macron ou sont-ils dans l’opposition ? C’est le moment de vérité ».
Depuis l’Égypte, où il participe à un sommet sur la paix à Gaza, Emmanuel Macron a exhorté les partis à « se ressaisir » et à « œuvrer à la stabilité », alors que Sébastien Lecornu réunissait ses 34 ministres à Matignon pour leur fixer une feuille de route : « La seule mission du gouvernement est de surmonter cette crise politique ».
La réunion s’est achevée peu après 16 heures cet après-midi, à la veille de la déclaration de politique générale du Premier ministre. Pour le nouvel exécutif, chaque journée passée sans censure vaut déjà victoire provisoire.