Le nouveau président polonais tend la main à Viktor Orban et veut relancer le groupe de Visegrad
Le nouveau président polonais tend la main à Viktor Orban et veut relancer le groupe de Visegrad

VARSOVIE – Le président polonais nouvellement élu, Karol Nawrocki, a affirmé dans sa première interview internationale vouloir renforcer les relations avec la Hongrie et son Premier ministre Viktor Orban, qu’il qualifie de « partenaire très important ». L’entretien, accordé au magazine hongrois Mandiner, marque une inflexion dans la politique étrangère de Varsovie et laisse présager un réalignement régional après une période de refroidissement entre les deux pays.

Nawrocki, soutenu par le parti nationaliste Droit et Justice (PiS), a été élu de justesse début juin, infligeant un revers au gouvernement centriste et pro-européen de Donald Tusk. Orban, proche idéologiquement du PiS et allié du président américain Donald Trump, s’est félicité de cette victoire, la qualifiant de « fantastiquement bonne » pour la région.

Le président polonais a déclaré vouloir faire du groupe de Visegrad (V4), qui réunit la Pologne, la Hongrie, la République tchèque et la Slovaquie, une priorité de son mandat. Cette alliance régionale, affaiblie ces dernières années par des divergences politiques internes, pourrait retrouver une dynamique sous son impulsion. Nawrocki a également évoqué le renforcement du flanc oriental de l’OTAN et du groupe des Neuf de Bucarest, qui regroupe des pays d’Europe centrale et orientale membres de l’Alliance atlantique.

Sur le plan diplomatique, Nawrocki a exprimé son désir de rencontrer Viktor Orban « le plus tôt possible », saluant son efficacité politique, illustrée par ses victoires électorales successives. Il a aussi souligné sa volonté de coopérer avec d’autres dirigeants régionaux dans l’intérêt de la stabilité et du développement de l’Europe centrale.

Concernant l’Ukraine, Nawrocki a tenu un discours nuancé. S’il réaffirme le soutien stratégique de la Pologne à Kiev face à la Russie, qu’il qualifie de « plus grande menace » pour la région, il se montre réservé sur l’adhésion de l’Ukraine à l’Union européenne. Selon lui, « l’Ukraine doit comprendre que d’autres pays ont aussi leurs propres intérêts », citant la Pologne et la Hongrie.

Cette position pourrait compliquer davantage les discussions entre Kiev et certains de ses voisins européens, dans un contexte où la solidarité envers l’Ukraine est de plus en plus mise à l’épreuve par des intérêts nationaux divergents.

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