Le manuscrit de l’Appel du 18 juin entre dans l’armoire inviolable des Archives nationales
 Le manuscrit de l’Appel du 18 juin entre dans l’armoire inviolable des Archives nationales

À l’occasion du 85e anniversaire de l’Appel du 18 juin, le manuscrit rédigé de la main du général de Gaulle a été dévoilé au public aux Archives nationales à Paris. Une exposition exceptionnelle, avant que ce document majeur de la mémoire nationale ne rejoigne l’armoire dite « inviolable », aux côtés des plus grandes pièces de l’histoire de France.

Un document historique exposé au grand public

Le 18 juin 2025, jour anniversaire du célèbre appel lancé depuis Londres par le général de Gaulle en 1940, le manuscrit original a été présenté pour la première fois aux visiteurs du musée des Archives nationales, à l’hôtel de Soubise. Deux feuillets recto-verso, couverts d’encre noire, de ratures et de corrections manuscrites, témoignent de la construction d’un texte fondateur : celui qui appelait à résister face à l’occupant nazi.

Offert par la famille de Gaulle à l’État, ce document est exposé jusqu’au 1er septembre. Yves de Gaulle, l’un des petits-fils du général, a confié son émotion à l’occasion de la remise officielle : « Ce document est particulièrement touchant. […] Le général a toujours considéré que son œuvre appartenait à tous les Français. » Outre le manuscrit, la famille a remis près de 1 300 autres pièces, dont un journal de guerre tenu en 1915 par Charles de Gaulle alors capitaine, ou encore sa correspondance avec Georges Pompidou entre 1946 et 1969.

Un trésor national rejoint une armoire hors du temps

À l’issue de l’exposition, le manuscrit rejoindra les réserves des Archives dans un lieu symbolique : l’armoire de fer, construite en 1791 pour préserver les documents les plus précieux de la République. Conçue comme inviolable, elle abrite déjà la Déclaration des droits de l’homme de 1789, le Serment du Jeu de paume ou encore les Constitutions successives, y compris celle de 1958 initiée par de Gaulle lui-même.

Lors de la cérémonie, la ministre de la Culture Rachida Dati a salué « un texte d’exception » et exprimé le souhait que ce témoignage « inspire les générations futures ». Selon elle, l’entrée de ce document dans l’armoire de fer était légitime : « Dans ce lieu transmis par la Révolution, il côtoiera désormais les textes les plus fondateurs de notre histoire. »

L’exposition gratuite permet donc, jusqu’au 1er septembre, de découvrir non seulement les feuillets du discours, mais aussi un mot manuscrit de Yvonne de Gaulle, soigneusement conservé sur une carte de visite. Une note discrète, mais qui renforce l’authenticité d’un document appelé à devenir une pièce centrale de la mémoire nationale.

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