Laurent Nuñez, le préfet de police devenu premier flic de France (Ludovic Marin, Pool via AP)
Laurent Nuñez, le préfet de police devenu premier flic de France (Ludovic Marin, Pool via AP)

À 61 ans, Laurent Nuñez, préfet de police de Paris, a été nommé ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Lecornu II. Considéré comme un haut fonctionnaire chevronné et respecté sur tout l’échiquier politique, il succède au président des Républicains Bruno Retailleau, qui a claqué la porte du gouvernement. Cette nomination à Beauvau marque pour Nuñez une consécration, lui qui, depuis vingt-cinq ans, incarne la fidélité, la rigueur et le sens du service public.

Un technicien du renseignement et de la sécurité

Issu d’une famille modeste de pieds-noirs espagnols installés à Bourges, Laurent Nuñez s’est forgé un parcours exemplaire. Diplômé en droit public et ancien élève de l’ENA, il a gravi un à un les échelons de la haute administration. Passé par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), il a également été coordinateur national du renseignement et de la lutte contre le terrorisme, avant de devenir secrétaire d’État à la Sécurité intérieure aux côtés de Christophe Castaner, dans le gouvernement d’Edouard Philippe. Connu pour son endurance et sa puissance de travail, il n’a jamais cessé d’incarner cette figure de “moine soldat” au service de l’État.

En 2022, il prend la tête de la préfecture de police de Paris, poste stratégique et hautement exposé. Sa gestion exemplaire de la sécurité des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024 lui vaut d’être élevé au rang de commandeur de la Légion d’honneur par Emmanuel Macron, qui salue alors « un homme d’engagement, d’humilité et d’efficacité ». Son calme, sa maîtrise et son souci du terrain lui ont valu le respect des syndicats policiers, mais aussi de la classe politique dans son ensemble.

Un homme de dialogue et de fermeté

Contrairement à son prédécesseur Didier Lallement, Laurent Nuñez a su instaurer une méthode fondée sur la concertation et la fermeté mesurée. Rondeur dans le verbe, rigueur dans l’action : telle est sa marque de fabrique. Il n’hésite pas à dialoguer avec toutes les forces politiques, y compris celles de la gauche radicale, tout en tenant une ligne de fermeté sur la sécurité. C’est lui qui, en 2023, avait assumé publiquement que « 36 % des mis en cause dans l’agglomération parisienne sont de nationalité étrangère », une déclaration saluée à droite pour sa lucidité et sa franchise.

Désormais, le nouveau ministre de l’Intérieur hérite de dossiers brûlants : la lutte contre les narcotrafics, la gestion des flux migratoires, la réforme des polices municipales, ou encore la menace terroriste toujours présente sur le territoire. Son expérience du renseignement et son autorité naturelle font de lui un choix rassurant pour un exécutif fragilisé.

Consensuel sans être lisse, travailleur sans relâche, Laurent Nuñez symbolise cette génération de grands commis d’État pour qui le devoir prime sur la lumière. Son retour à Beauvau, dans un contexte politique explosif, illustre la volonté du président Macron et de Sébastien Lecornu de s’appuyer sur des profils solides, capables de tenir la barre dans la tempête. À la tête de la police française, Nuñez entame désormais la mission la plus difficile de sa carrière : restaurer la confiance entre les Français et leurs forces de l’ordre, dans un pays où la sécurité est redevenue une urgence nationale.

Que retenir rapidement ?

À 61 ans, Laurent Nuñez, préfet de police de Paris, a été nommé ministre de l’Intérieur dans le gouvernement Lecornu II. Considéré comme un haut fonctionna

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