C'est fait ! Emmanuel Macron officialise un nouveau service national militaire volontaire dès l’été prochain. (AP)
C'est fait ! Emmanuel Macron officialise un nouveau service national militaire volontaire dès l’été prochain. (AP)

Le président de la République a annoncé jeudi la création d’un nouveau service national « purement militaire » et fondé sur le volontariat, qui entrera en vigueur progressivement à partir de l’été prochain. Cette déclaration intervient alors que le chef de l’État assure vouloir renforcer la préparation de la France face à un contexte international marqué par la guerre en Ukraine et la montée des tensions stratégiques.

« Notre jeunesse a soif d’engagement », a affirmé Emmanuel Macron lors d’un déplacement au sein de la 27e Brigade d’Infanterie de Montagne à Varces, en Isère, au pied du Vercors enneigé. Selon lui, il existe « une génération prête à se lever pour la patrie », et ce nouveau dispositif doit répondre à la fois aux besoins opérationnels et à la volonté d’engagement exprimée par une partie des jeunes Français.

Un service national volontaire, intégralement militaire et limité au territoire français

Le chef de l’État a détaillé un programme d’une durée totale de dix mois, comprenant un mois de formation initiale suivi de neuf mois dans une unité militaire. Il s’adressera aux jeunes majeurs ayant exprimé leur volontariat lors de la Journée défense et citoyenneté, qui deviendra à terme une « journée de mobilisation ». Macron a insisté sur la nature exclusivement volontaire du dispositif : « Le service national constituera seulement des volontaires », avec un cœur de participation composé de jeunes de 18 à 19 ans. Les futurs aspirants pourront être sélectionnés jusqu’à l’âge de 25 ans, en fonction de compétences spécifiques comme l’ingénierie, l’infirmerie ou la traduction.

Le président a également tenu à clarifier que les participants serviront « uniquement sur le territoire national », rappelant dès mardi qu’il ne s’agissait en aucun cas « d’envoyer nos jeunes en Ukraine », une réponse directe à la controverse née des déclarations du chef d’état-major des armées, le général Fabien Mandon, qui avait estimé que la France devait être prête « à accepter de perdre ses enfants ».

Une montée en puissance progressive et un financement inscrit dans la LPM

Le dispositif sera lancé de manière progressive. Emmanuel Macron a confirmé qu’une première sélection de volontaires aura lieu dès la mi-janvier, avant une première incorporation d’environ 3 000 jeunes à l’été 2026. L’objectif annoncé est d’atteindre 10 000 participants par an en 2030, puis 42 500 en 2035. En cumulant ces effectifs avec ceux du Service militaire volontaire (SMV) et du Service militaire adapté, qui continueront d’exister, le total pourrait atteindre 50 000 jeunes par an.

Les crédits nécessaires, estimés à 2,3 milliards d’euros pour la période 2026-2030 selon une source proche du dossier citée par l’AFP, doivent être intégrés à l’actualisation de la loi de programmation militaire 2024-2030. Le chef de l’État a défendu un effort budgétaire « indispensable » devant un Parlement plus divisé que lors du vote initial.

Une rémunération de 800 euros par mois

L’Élysée a précisé que les volontaires seront nourris, logés, équipés et percevront une rémunération minimale de 800 euros par mois. Pour les jeunes de 18 à 19 ans, ce service national pourra constituer une année de césure valorisée dans Parcoursup.

Catherine Vautrin, ministre des Armées et des Anciens combattants, détaillera ce nouveau dispositif lors du Journal de 20 heures de France 2, où elle répondra aux questions de Léa Salamé.

À Varces, Emmanuel Macron a invoqué la nécessité d’une préparation collective face aux risques de conflit : « La peur n’évite jamais le danger. La seule façon de l’éviter est de s’y préparer ». Le président a réaffirmé que la France ne reviendra pas à la conscription obligatoire, mais qu’elle doit développer de nouvelles formes de mobilisation adaptées aux défis contemporains. « Nous ne pouvons pas revenir au temps de la conscription, mais nous avons besoin de mobilisation », a-t-il insisté.

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