Dans un entretien accordé au Journal du Dimanche, le ministre délégué aux Affaires européennes Benjamin Haddad dresse un tableau offensif de la stratégie française en Europe. Fervent soutien d’Emmanuel Macron, il s’affiche comme le défenseur des intérêts français face à une bureaucratie bruxelloise qu’il accuse de nuire à la compétitivité de nos entreprises. Sur tous les fronts, de la guerre en Ukraine à la politique commerciale, il affirme une ligne claire : protection, simplification, et réarmement économique.
Face à Vladimir Poutine, Haddad ne mâche pas ses mots. Il dénonce une stratégie russe de « déstabilisation de l’Europe », fustige son absence au sommet d’Istanbul, et soutient sans ambiguïté le projet de nouvelles sanctions. Mais surtout, il insiste : la France, loin d’être isolée, est aujourd’hui « au centre du jeu diplomatique », grâce à la détermination d’Emmanuel Macron. Le ministre confirme également la volonté de renforcer la présence occidentale en Ukraine pour assurer une « paix durable » fondée sur la dissuasion.
Un plaidoyer pour une Europe plus réaliste
Mais c’est sur le terrain économique que Benjamin Haddad se montre le plus combatif. « Je ne suis pas le VRP de la Commission européenne », affirme-t-il. À l’heure où les agriculteurs, les patrons de PME et les élus locaux dénoncent l’empilement des normes européennes, il plaide pour un changement radical de méthode. « Il faut arrêter la fuite en avant », tranche-t-il, en citant la révision en cours des réglementations sur la production durable, les normes automobiles ou encore la fiscalité numérique. « La France a un mot d’ordre : simplifier, simplifier, simplifier ! »
Il s’oppose également fermement à l’accord Mercosur, dénonçant l’incohérence entre les exigences imposées à nos agriculteurs et les produits importés qui ne respecteraient pas les mêmes règles. « Nous exigeons de la réciprocité », insiste-t-il, tout en promettant une ligne dure face aux pressions américaines dans la guerre commerciale en cours. À ses yeux, il ne faut pas être naïf : l’Europe doit enfin se doter des outils de sa souveraineté économique.
Dans cet entretien, le ministre revient également sur l’ignoble silence des députés de La France insoumise concernant la détention de Boualem Sansal. « Notre Assemblée aurait pu envoyer un message unanime. LFI a préféré le communautarisme », fustige-t-il, dénonçant un repli idéologique contraire aux valeurs de la République.
Sur le plan politique, Haddad assume son ancrage à droite et plaide pour une alliance avec Les Républicains. Il réitère son soutien à Rachida Dati pour les municipales à Paris, soulignant la nécessité d’un « nouveau souffle » pour tourner la page d’un quart de siècle de gestion socialiste. Convaincu que la majorité présidentielle peut s’élargir autour de valeurs communes de « travail, liberté et Europe », il se dit prêt à s’engager personnellement dans cette bataille.