Apologie du terrorisme : l’élu Ismaël Boudjekada interpellé après les révélations d’Entrevue et le signalement du député Mathieu Bloch
Apologie du terrorisme : l’élu Ismaël Boudjekada interpellé après les révélations d’Entrevue et le signalement du député Mathieu Bloch

Ismaël Boudjekada, conseiller municipal d’opposition à Grand-Charmont (Doubs), a été interpellé ce samedi matin à l’aéroport de Bâle-Mulhouse pour apologie du terrorisme. Il a été placé en garde à vue et devrait être présenté dans la journée à un juge du parquet national antiterroriste. Son arrestation fait suite à un signalement officiel du député UDR du Doubs, Mathieu Bloch, qui a saisi le procureur de Montbéliard au titre de l’article 40 du code de procédure pénale, après les révélations publiées par Entrevue en mai 2024. Notre enquête faisait état des accointances islamistes de l’élu, d’une série de publications pro-Hamas sur les réseaux sociaux, et révélait l’existence d’une pétition visant à faire ficher, par pur rejet idéologique d’Israël et des Juifs, les Franco-Israéliens ayant combattu au sein de Tsahal. Boudjekada n’avait pas contesté ces révélations, à l’exception d’un point secondaire sur l’édition de l’un de ses livres, précisant qu’il avait été publié à compte d’éditeurs et non en autoédition. Un an après, Entrevue confirme l’ensemble des éléments dévoilés dans son enquête : l’élu n’a jamais remis en cause aucun des faits rapportés.

Apologie Du Terrorisme : L’élu Ismaël Boudjekada Interpellé Après Les Révélations D’entrevue Et Le Signalement Du Député Mathieu Bloch

Le signalement du député Bloch est directement lié aux révélations d’Entrevue publiées il y a près d’un an. Nous dénoncions notamment une pétition controversée lancée en janvier par Boudjekada, réclamant le fichage S et un suivi psychiatrique de tous les Franco-Israéliens ayant combattu au sein de Tsahal. Cette initiative, jugée discriminatoire et contraire au droit français, avait néanmoins été examinée par la Commission des lois de l’Assemblée nationale avant d’être classée sans suite.

Dans le même article, Entrevue rappelait que Boudjekada avait qualifié Yahya Sinwar, chef du Hamas et instigateur présumé de l’attaque du 7 octobre, de « héros » et de « martyr chanceux », dans des messages publiés en octobre 2024 sur X. Il y assumait aussi publiquement son refus de condamner les massacres du 7 octobre et menaçait d’une vague de prisonniers politiques en France : « Construisez vite des places de prison, on risque d’être nombreux nourris, logés et blanchis aux frais de la princesse. »

Déjà condamné en juin 2024 à 20 000 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité pour des propos similaires, Boudjekada cumule les polémiques. Il avait aussi tenu des propos homophobes sur Sud Radio, et avait comparé les sionistes à des « cafards » ou des « rats » sur les réseaux sociaux. Plusieurs associations, dont le BNVCA et l’OJE, s’étaient déjà portées parties civiles dans ses précédents procès.

Le député Mathieu Bloch, dans son signalement, dénonçait une « récidive inacceptable » et appelait à des poursuites renforcées : « Le terrorisme et l’antisémitisme exigent des élus de la République un combat sans faille. »

Quelques heures après son retour d’Égypte, Ismaël Boudjekada, élu d’opposition à Grand-Charmont (Doubs), a été interpellé ce samedi matin à l’aéroport de Bâle-Mulhouse, sous les yeux de centaines de milliers de ses abonnés. Inscrit au fichier des personnes recherchées et condamné en octobre 2024 en première instance pour apologie du terrorisme, le conseiller municipal avait anticipé son arrestation en l’annonçant sur TikTok, appelant ses soutiens à filmer la scène. Fidèle à sa stratégie de victimisation, il s’est filmé en direct lors de son interpellation à bord de l’avion, vêtu d’un keffieh palestinien, affirmant être poursuivi « parce qu’il défend la Palestine » et non pour ses propos antisémites et glorifiant des figures du Hamas. Calmement, face aux policiers, il a invité ses abonnés à « continuer la mobilisation » et évoqué un possible placement en détention provisoire. La mise en scène, soigneusement orchestrée, illustre la volonté de l’élu de faire de sa garde à vue un acte politique, relayé en temps réel à ses quelque 370 000 abonnés.

L’affaire est désormais entre les mains du parquet de Nanterre, compétent en matière antiterroriste.

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