Accords franco-algériens : Éric Ciotti prêt à infliger un camouflet à Macron
Accords franco-algériens : Éric Ciotti prêt à infliger un camouflet à Macron

C’est peut-être une victoire politique symbolique, mais lourde de conséquences : Éric Ciotti, à la tête du groupe UDR allié au Rassemblement national, s’apprête à faire adopterv ce jeudi à l’Assemblée nationale une résolution demandant la fin des accords migratoires de 1968 entre la France et l’Algérie. Soutenu par les voix du RN, de LR et même de certains députés Horizons, le texte pourrait obtenir une majorité, malgré son caractère non contraignant.

Une percée politique sur un sujet explosif

Signés six ans après l’indépendance algérienne, ces accords accordent aux ressortissants algériens un régime dérogatoire en matière de séjour et d’accès au travail. En 2023, plus de 640 000 titres de séjour ont été délivrés à des Algériens. Une réalité que la droite dénonce comme une porte grande ouverte à une immigration massive, souvent sans intégration. Éric Ciotti en a fait un cheval de bataille, et son insistance trouve un écho croissant jusque dans les rangs du centre droit. L’alliance objective entre UDR, RN, LR et certains députés macronistes pourrait transformer un texte symbolique en signal politique retentissant.

Alors que François Bayrou avait promis de rouvrir le dossier en février, l’Élysée freine des deux pieds. Emmanuel Macron refuse de voir sa politique étrangère dictée par l’Assemblée. Pourtant, le malaise grandit dans son propre camp, certains députés reconnaissant que l’accord est obsolète et humiliant pour la France. Si la résolution est adoptée, ce sera une double gifle : au président qui temporise, et à une majorité qui tangue. Éric Ciotti, lui, aura démontré qu’il peut fédérer une droite de plus en plus sûre d’elle, y compris sur les sujets les plus sensibles.

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