L’université du Michigan a décidé d’élargir l’enquête interne visant son ancien entraîneur de football américain Sherrone Moore, licencié cette semaine, selon des sources proches du dossier. Le cabinet d’avocats mandaté par l’établissement est désormais prêt à étendre ses investigations à l’ensemble du département des sports, au-delà de la relation entre Moore et une employée qui a conduit à son éviction.
Mercredi, l’université a annoncé avoir mis fin aux fonctions de Sherrone Moore après qu’une enquête interne a conclu à une relation inappropriée avec une membre du personnel. Âgé de 39 ans, marié et père de trois filles, Moore a ensuite été inculpé de trois chefs d’accusation, dont violation de domicile et harcèlement, après des faits survenus dans l’appartement de la femme avec laquelle il entretenait une liaison, selon le parquet du comté de Washtenaw.
D’après des sources anonymes citées par l’Associated Press, le directeur sportif de l’université, Warde Manuel, avait interrogé Moore et l’employée concernée plus tôt dans la saison sur la nature de leur relation, et tous deux l’avaient niée. Il aurait également examiné des centaines de messages et courriels échangés sur des appareils professionnels sans y déceler d’éléments jugés déplacés à ce stade.
Face à des doutes persistants, l’université a néanmoins confié le dossier à un cabinet d’avocats externe. L’enquête a pris un tournant cette semaine lorsque l’employée, absente de son poste, a fourni par l’intermédiaire de son avocat des preuves attestant de sa relation avec Moore. Celui-ci a été licencié le jour même, sans la présence des ressources humaines ni de la police du campus, selon les mêmes sources.
Sur le plan judiciaire, le procureur a indiqué que la relation durait depuis plusieurs années et s’était récemment terminée à l’initiative de la femme. Après une série d’appels et de messages restés sans réponse, Moore se serait introduit dans son appartement et aurait menacé de se suicider avec des ustensiles de cuisine, des propos qualifiés de particulièrement alarmants par l’accusation.
Un plaidoyer de non-culpabilité a été déposé au nom de Sherrone Moore, qui a été remis en liberté sous caution. Il devra se soumettre à une évaluation supplémentaire, porter un bracelet GPS, rester dans l’État du Michigan, s’abstenir de consommer de l’alcool et n’avoir aucun contact avec la plaignante. Une audience est prévue le 22 janvier.
Sur le plan sportif, cette affaire plonge le programme de football de Michigan dans l’incertitude. Moore, qui avait signé l’an dernier un contrat de cinq ans d’un montant annuel de 5,5 millions de dollars, a été licencié pour faute, ce qui dispense l’université de toute indemnité. L’équipe, classée 18e, disputera le Citrus Bowl face au Texas sous la direction d’un entraîneur intérimaire, tandis que l’université cherche rapidement un successeur afin de préserver son recrutement et d’éviter un exode de joueurs.