Le Soudan espère que son parcours à la CAN pourra devenir un symbole de paix (AP)
Le Soudan espère que son parcours à la CAN pourra devenir un symbole de paix (AP)

L’équipe nationale du Soudan espère qu’une victoire surprise contre le Sénégal en Coupe d’Afrique des Nations pourra servir de catalyseur pour une accalmie, voire une paix durable, dans un pays ravagé par près de trois ans de guerre. C’est le message porté vendredi par le sélectionneur James Kwesi Appiah, à la veille du huitième de finale disputé au Maroc.

Pour les joueurs soudanais, ce parcours revêt une portée qui dépasse largement le cadre sportif. L’équipe dispute la compétition loin de son pays, contrainte à l’exil en raison du conflit opposant depuis avril 2023 l’armée soudanaise aux Forces de soutien rapide, un groupe paramilitaire issu des milices janjaweed autrefois actives au Darfour. Les combats ont fait des dizaines de milliers de morts, provoqué le déplacement de millions de civils et plongé de vastes régions dans une situation de famine.

Malgré ces conditions extrêmes, le Soudan a réussi à se qualifier pour la phase à élimination directe de la CAN, une performance rare pour une sélection qui n’a atteint ce stade que pour la deuxième fois depuis son sacre historique de 1970. Pour Appiah, cette réussite sportive peut envoyer un message d’espoir à la population soudanaise, éprouvée par des années de violences et d’instabilité.

Affronter le Sénégal, l’un des grands favoris du tournoi, représente un défi immense, mais aussi une occasion unique de rassembler symboliquement le pays autour d’un même objectif. L’entraîneur a expliqué que ses joueurs étaient pleinement conscients de la responsabilité morale qui pèse sur leurs épaules et qu’ils souhaitent offrir, ne serait-ce que le temps d’un match, un moment de fierté et d’unité à leurs compatriotes.

Depuis le début de la guerre, la sélection soudanaise a continué à s’entraîner et à disputer ses matches à l’étranger, dans des conditions précaires, loin de ses supporters. Ce contexte rend chaque victoire d’autant plus significative. Pour Appiah, le football ne peut à lui seul mettre fin à la guerre, mais il peut rappeler aux belligérants et à la population qu’un avenir commun reste possible.

Alors que le pays demeure profondément divisé, le parcours du Soudan à la CAN est perçu comme une rare source d’espoir. Une victoire face au Sénégal serait non seulement un exploit sportif, mais aussi un symbole fort dans un pays où la paix semble aujourd’hui encore hors de portée.

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