Suleiman Al-Obeid, légende du football palestinien surnommé le « Pelé palestinien », a été tué cette semaine à Gaza par un obus de char israélien, selon sa famille et la Fédération palestinienne de football. L’ancien international, âgé de 41 ans, se trouvait dans une file d’attente pour recevoir de l’aide alimentaire lorsque la frappe a eu lieu.
Originaire de Gaza City, Al-Obeid avait fait carrière au sein du club local d’Al-Ahli et de l’équipe nationale palestinienne. Admiré pour son style de jeu flamboyant et sa longévité sur les terrains, il avait confié vouloir continuer à jouer et à marquer des buts jusqu’à l’âge de 50 ans. Ce rêve a été brutalement interrompu dix ans plus tôt.
Dans la petite tente où vit désormais la famille, sa veuve Doaa serre dans ses mains l’un des shorts de match de son mari, tandis que leur fils regarde fixement sa photo. « Il voulait juste vivre dignement et voir les gens heureux », a-t-elle confié, la voix brisée.
La nouvelle de sa mort a suscité une vive émotion dans les territoires palestiniens, où les réseaux sociaux se sont remplis de messages de condoléances et de vidéos retraçant ses plus beaux buts. Des supporters ont organisé des veillées en son honneur, brandissant des drapeaux palestiniens et scandant son nom.
Selon des responsables sportifs palestiniens, des centaines d’athlètes, entraîneurs et arbitres ont perdu la vie depuis le début du conflit à Gaza, privés de terrains, de compétitions et souvent de leurs familles. La disparition de Suleiman Al-Obeid, figure emblématique et symbole d’espoir pour de nombreux jeunes footballeurs, illustre une fois de plus le lourd tribut payé par le sport palestinien à la guerre.