Rock en Seine 2025 : fréquentation en berne et tensions en coulisses @Flickr
Rock en Seine 2025 : fréquentation en berne et tensions en coulisses @Flickr

Avec 148 000 spectateurs sur cinq jours, le festival francilien affiche une nette baisse par rapport à 2024. Une édition fragilisée par des annulations majeures et une controverse politique.

Une affluence décevante pour cette 21e édition

Le bilan est sans appel : Rock en Seine 2025 a attiré 148 000 festivaliers, soit environ 30 000 de moins que l’an dernier. Une baisse que Matthieu Ducos, directeur du festival, reconnaît sans détour : « Ce n’est pas une année réjouissante », admet-il dans Le Parisien, soulignant une combinaison de facteurs défavorables.

Parmi eux, la date avancée du festival, qui s’est tenu du 20 au 24 août, a pesé sur la fréquentation : nombre de festivaliers potentiels n’étaient pas encore rentrés de vacances. Mais ce sont surtout les annulations de dernière minute des têtes d’affiche ASAP Rocky et Doechii qui ont déséquilibré la programmation, en particulier le jeudi, où seulement 24 000 personnes ont assisté à la performance de Kid Cudi, remplaçant d’urgence du rappeur américain. Le vendredi a lui aussi peiné à mobiliser, avec 22 000 spectateurs pour le DJ Anyma. Le samedi a mieux résisté avec 32 000 fans venus saluer le dernier concert en France de Justice, avant une clôture réussie dimanche par Queens of the Stone Age, acclamés par 36 000 personnes.

Controverse politique et conséquences financières

Mais l’édition a aussi été marquée par une forte polémique politique, liée à la présence du groupe irlandais Kneecap. Sous le feu des critiques pour ses prises de position pro-palestiniennes et les poursuites judiciaires visant l’un de ses membres au Royaume-Uni pour port d’un drapeau du Hezbollah, le trio a maintenu un discours engagé sur scène. « Le gouvernement français est complice, il vend des armes à Israël », ont-ils déclaré, tout en qualifiant Benjamin Netanyahu de « criminel de guerre ».

Ce choix de programmation a eu des retombées budgétaires immédiates. La mairie de Saint-Cloud a retiré sa subvention de 40 000 euros, suivie par la région Île-de-France, qui a annulé une aide de 295 000 euros. Une perte de financement importante dans un contexte déjà tendu. « Compte tenu de notre situation financière délicate cette année, ce n’est pas anodin », confie Matthieu Ducos. Malgré cela, il assume pleinement la décision de maintenir le groupe à l’affiche, affirmant vouloir défendre Rock en Seine comme un espace de liberté d’expression, dans le respect du cadre légal.

L’édition 2026 est d’ores et déjà annoncée du 26 au 30 août, mais l’organisation devra tirer les leçons d’une année chahutée, entre désistements, controverses et fréquentation en recul.

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