Trafic de drogue façon Uber stoppé net à Sens @wikipedia commons
Trafic de drogue façon Uber stoppé net à Sens @wikipedia commons

Dans l’Yonne, la police a mis fin à un réseau de livraison de stupéfiants qui fonctionnait comme une plateforme de services. Le 8 septembre, les enquêteurs de la division de la criminalité organisée et spécialisée d’Auxerre ont interpellé à Sens un homme soupçonné d’avoir dirigé ce système de « deals à la demande », où la cocaïne ou l’héroïne arrivaient aussi facilement qu’une pizza. Le suspect, âgé de 37 ans et déjà condamné à cinq ans de prison pour trafic, avait transformé sa voiture en service express. Les clients prenaient rendez-vous via messagerie cryptée et retrouvaient le livreur dans des parkings de supermarchés ou d’autres lieux publics. La police estime qu’une cinquantaine d’acheteurs réguliers alimentaient ce marché parallèle dans l’agglomération.

Saisie massive et argent blanchi

La perquisition menée dans son domicile de Sens a livré un inventaire révélateur : 2,6 kilos d’héroïne, 120 grammes de cocaïne, un fusil à pompe et plusieurs cartouches, mais aussi 3000 euros en petites coupures. La valeur totale des drogues saisies approche les 80 000 euros. L’enquête a également mis au jour le rôle d’un complice à Migennes, chargé de recycler les gains du trafic. Lui aussi a été interpellé. Les deux hommes devront répondre devant la justice d’un système qui illustre la mutation du commerce de drogue en France, de plus en plus tourné vers des livraisons discrètes et rapides, héritées des pratiques popularisées durant la crise sanitaire. Avec ce coup de filet, les enquêteurs espèrent avoir porté un coup d’arrêt à un réseau qui banalisait encore un peu plus l’accès aux drogues dures dans le département. Mais l’« ubérisation » du trafic, en plein essor dans de nombreuses villes, laisse présager que d’autres réseaux du même genre sont encore actifs.

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