Un réseau international de trafic de chiens reliant la Serbie à la France a été démantelé, conduisant à la mise en examen de trois éleveurs installés dans la Drôme et le Rhône, a annoncé ce vendredi la gendarmerie nationale. Les suspects, interpellés mardi, ont été placés sous contrôle judiciaire, avec notamment interdiction de quitter le territoire et d’exercer toute activité en lien avec les animaux.
Les investigations ont révélé l’importation de chiennes gestantes depuis la Serbie, destinées à mettre bas en France en contournant les règles sanitaires. Lors des perquisitions menées dans les élevages, les forces de l’ordre ont saisi 18 chiens adultes, 19 chiots, des médicaments ainsi que de faux passeports provenant de plusieurs pays d’Europe de l’Est.
Mutilations illégales et faux documents
Selon les gendarmes, les chiots étaient mutilés dès la naissance : ablation partielle des oreilles (otectomie) et de la queue (caudectomie), des pratiques interdites dans l’Union européenne. Les animaux étaient ensuite revendus sur internet grâce à de faux carnets de vaccination et de faux passeports, visant à faire croire à une provenance européenne et à masquer l’origine serbe.
L’enquête, ouverte en février 2023, a été conduite par le DOCLAESP de Lyon et la Brigade nationale d’enquêtes vétérinaires et phytosanitaires, sous l’autorité du procureur de Villefranche-sur-Saône. La gendarmerie indique que le couple drômois se rendait régulièrement en Serbie et disposait de contacts spécialisés dans le transport d’animaux, en lien avec l’éleveuse du Rhône, soupçonnée de méthodes similaires.