Quelques jours après la mort du pape François, sœur Samuelle a annoncé, aux côtés du cinéaste Quentin Delcourt, un projet artistique inédit pour briser le silence sur les abus dans l’Église catholique. La religieuse, elle-même victime du prêtre jésuite et mosaïste slovène Marko Rupnik, souhaite, à travers Renaissance, créer une œuvre collective porteuse d’espoir et de mémoire.
Un projet collectif entre réparation et dénonciation
Le projet Renaissance a été dévoilé ce 21 avril, à l’initiative de sœur Samuelle et de Quentin Delcourt, comme l’ont rapporté BeauxArts.com et Le Monde. Il s’agira d’une mosaïque monumentale de 50 mètres carrés, conçue par une dizaine de victimes, rejointes par des journalistes, avocats et amis solidaires. L’œuvre, représentant des chemins de terre craquelée prolongés par des lignes ondoyantes symbolisant la résilience, sera ensuite découpée en 200 fragments destinés à être installés dans des lieux saints marqués par l’œuvre de Rupnik.
Le choix du jour de lancement, le lundi de Pâques, n’est pas anodin : il évoque la renaissance et la réparation après la douleur. Toutefois, la mort du pape François le même jour donne une résonance encore plus forte à ce projet, bien que sœur Samuelle et Delcourt affirment qu’il s’agit d’une pure coïncidence.
Une libération artistique documentée dans un film
Formée à l’ébénisterie et à la mosaïque à Rome, sœur Samuelle, aujourd’hui ermite dans l’Aube, a mis du temps avant de pouvoir dénoncer Rupnik, après avoir été encouragée par d’autres témoignages, notamment celui de Gloria Branciani en 2022. Comme elle l’a confié au Monde, « l’art de Rupnik est indissociable de la prédation » et ce projet lui permet de revendiquer son autonomie : « Je peux être sans toi, je peux faire sans toi. »
La réalisation de Renaissance sera filmée dans La Symphonie des tesselles, documentaire réalisé par Quentin Delcourt. Une campagne de financement participatif a été lancée sur Proarti pour réunir les 300 000 euros nécessaires au projet, qui pourrait être exposé en France, aux côtés des œuvres posthumes de sœur Elia, une autre religieuse et artiste victime d’abus, décédée en février dernier.