La dalle Kennedy, déjà tristement connue pour son lien avec le trafic de stupéfiants, a de nouveau été le théâtre d’une violence extrême. Ce jeudi 17 avril, un restaurant Subway a été pris pour cible dans le nord-ouest de Rennes. Trois hommes ont été blessés par balle, un quatrième a été renversé par un véhicule. Tous sont âgés de 18 à 23 ans. L’un d’eux, en urgence absolue, aurait été touché au ventre. Le pronostic vital ne serait finalement pas engagé selon la maire Nathalie Appéré. La scène a été brutale et rapide. Trois individus armés, dont au moins un porteur d’un fusil d’assaut, ont pénétré dans l’établissement en pleine journée et ouvert le feu. Un élu d’opposition présent au moment des faits évoque une véritable « arme de guerre » et plusieurs tirs ciblés : jambes, abdomen. Le chaos a été total, les clients du restaurant comme les passants ont été pris de panique.
Une zone déjà marquée par les tirs et la peur
L’enquête, confiée à la police judiciaire, a été ouverte pour tentative de meurtre en bande organisée. Les auteurs sont toujours en fuite. Sur place, une forte présence policière s’est déployée, appuyée par des CRS et des techniciens de la police scientifique. La CRS 82, mobilisée en urgence, restera « plusieurs jours » selon la municipalité. Le quartier a été bouclé, les commerces ont tiré leur rideau, et la stupeur règne. La dalle Kennedy, déjà secouée en janvier par une fusillade qui avait fait deux blessés, vit au rythme d’un narcotrafic omniprésent. Pour Nathalie Appéré, il est trop tôt pour affirmer un lien direct avec ce nouvel épisode, mais le contexte est lourdement évocateur. « Les habitants vivent dans une peur qu’il faut nommer », a-t-elle déclaré. La répétition de ces scènes impose un constat : dans certains secteurs, la guerre du deal se mène désormais à la kalachnikov.