La scène, aussi glaçante qu’émouvante, s’est jouée ce mardi 1er juillet devant le tribunal correctionnel de La Rochelle. Josette S., 84 ans, comparaissait pour avoir percuté un groupe d’enfants à vélo en juin 2024, causant la mort de Margot, 10 ans, et blessant grièvement sept autres mineurs. Face aux familles éplorées, la prévenue a livré une défense sans émotion ni explication convaincante. Le parquet a requis quatre ans de prison avec sursis et l’annulation de son permis pour cinq ans.
Un accident effroyable, une conductrice mutique
Le 5 juin 2024, au volant de sa Twingo, Josette S. a traversé une avenue de La Rochelle à 38 km/h, percutant une colonne de 12 enfants et deux accompagnateurs sur une voie pourtant limitée à 30. Margot est décédée le lendemain, plusieurs autres ont été mutilés ou grièvement blessés. Interrogée sur les faits, la conductrice a évoqué un « trou noir » et admis une responsabilité « peut-être un peu ». Sans mot pour les victimes, elle a affirmé n’avoir jamais été alertée sur sa conduite. Ancienne vendeuse, veuve d’un CRS, elle avait continué à rouler malgré les chocs, avant d’être stoppée par un passant. Elle prétendait à l’époque avoir été victime d’un malaise, hypothèse rapidement mise en doute par les experts. Son allure régulière, les traces d’anxiolytiques retrouvées dans son sang et ses troubles récurrents de santé depuis plusieurs années ont semé le doute sur sa lucidité à conduire.
Des familles bouleversées, une justice attendue
À la barre, les témoignages des encadrants et des parents ont bouleversé l’audience. L’accompagnateur de tête, en larmes, a raconté avoir crié aux enfants de se réfugier sur le trottoir, sans pouvoir en sauver assez. Les cris, le sang, les appels au secours ont hanté la salle d’audience, tout comme les mots de la mère de Margot, décrivant une enfant brillante et curieuse, fauchée trop tôt. Le parquet, écartant la thèse du malaise, a dénoncé une conductrice qui aurait sciemment pris le risque de conduire malgré des alertes sur sa santé. L’accusation a parlé de « contrevérités », d’une évaluation égoïste du risque, et pointé un système basé sur l’auto-évaluation des conducteurs âgés. Une peine de quatre ans avec sursis a été requise, assortie d’une annulation du permis de conduire pendant cinq ans. La défense, plaidant la relaxe, a évoqué une femme dépassée, incapable d’exprimer son trouble : « Elle n’a pas les bons mots, mais elle est sincère », a soutenu son avocat. Le délibéré est attendu le 22 juillet.