Les balles ont sifflé dans le quartier de Valdegour à Nîmes le 26 juin dernier, blessant six personnes dans une fusillade qui porte la signature d’une guerre de territoires. Hier dimanche, deux suspects ont été présentés à un juge, selon une source policière citée par nos confrères du Parisien. Mais l’affaire dépasse le simple règlement de comptes : les deux hommes étaient déjà sous surveillance pour trafic de stupéfiants, et leur nom apparaît aussi dans un dossier autrement plus macabre. Quelques jours après cette fusillade, le corps d’un jeune homme de 19 ans, tué par balles puis brûlé, a été retrouvé par des promeneurs dans un secteur isolé de la garrigue, à une trentaine de kilomètres de Nîmes. La victime, identifiée comme Yanis M., originaire de Tremblay-en-France, aurait été ligotée, immolée, et abandonnée dans la campagne de Saint-Bénézet. Les deux suspects avaient été interpellés avant même cette découverte, dans le cadre d’enquêtes croisées liées au trafic de drogue.
Guerres de gangs et quartier sous tension
Le quartier de Valdegour, comme celui de Pissevin, vit depuis plusieurs mois au rythme d’une escalade de violence que rien ne semble enrayer. La procureure évoque une rivalité d’une brutalité extrême entre groupes criminels locaux, une guerre souterraine où les codes de l’ultra-violence remplacent toute logique de clandestinité. Dans le cas de Yanis M., les enquêteurs ont ouvert une information judiciaire pour « meurtre en bande organisée » et « participation à une association de malfaiteurs en vue de commettre un crime ». Fin juin, les auteurs présumés de la fusillade avaient pris la fuite à bord d’un Renault Master et d’une Audi noire. L’un des blessés avait vu son pronostic vital engagé. Ce n’était pourtant pas un coup d’éclat isolé. Le quartier avait déjà été frappé par deux fusillades mortelles : en août 2023, un enfant de 10 ans tué par une balle perdue ; en février 2024, une autre victime abattue près d’un point de deal. Face à la montée en puissance de cette violence, les autorités avaient inauguré un poste de police à Pissevin. Il avait été incendié vingt-quatre heures plus tard. Depuis, la CRS 81 assure une présence renforcée dans la zone. Mais à Nîmes, les tirs continuent de parler plus fort que les sirènes.