La petite commune périgourdine de Montignac-Lascaux, connue pour ses grottes préhistoriques, expérimente désormais une mesure radicale pour protéger ses nuits agitées. Depuis la mi-août, les mineurs n’ont plus le droit de circuler seuls entre 22 heures et 6 heures du matin. Une décision municipale prise après des mois de dégradations répétées et de tensions avec un groupe d’adolescents.
Des nuits rythmées par les incivilités
Tags, intrusions nocturnes dans la piscine municipale, rassemblements alcoolisés, occupations des terrains de sport : la liste des débordements dressée par la mairie est longue. Les agents municipaux affirment devoir intervenir régulièrement à l’aube pour déloger des jeunes, parfois hostiles, avant l’arrivée des premiers habitants. S’ajoutent à cela des nuisances sonores, des rodéos urbains en scooter ou en moto, qui perturbent le sommeil des riverains.
Un outil controversé mais assumé
Le couvre-feu s’applique à tous les mineurs de la commune de 2 700 habitants, sauf s’ils sont accompagnés d’un parent ou d’un représentant légal. Les familles concernées seront convoquées par la mairie pour un entretien de sensibilisation. L’édile assure avoir tenté d’autres recours, notamment par des interventions répétées de la gendarmerie, sans succès durable. Face aux inquiétudes des habitants, il considère la mesure comme la seule alternative disponible. Si la décision divise, certains y voyant une atteinte aux libertés individuelles, elle reçoit aussi le soutien de nombreux riverains lassés par des nuits perturbées. Ce type de couvre-feu, déjà expérimenté ailleurs en France, illustre les difficultés rencontrées par les communes rurales pour répondre à des phénomènes d’incivilités croissantes, avec des moyens de maintien de l’ordre souvent limités. Reste à savoir si l’initiative permettra de rétablir durablement le calme ou si elle ne fait que repousser le problème.