Marseille sous le choc après l’attaque au couteau, le maire réclame des renforts policiers
Marseille sous le choc après l’attaque au couteau, le maire réclame des renforts policiers

Mardi après-midi, en plein centre de Marseille, un homme de 35 ans a semé la panique en blessant cinq personnes, dont une grièvement, avant d’être abattu par une patrouille de la police aux frontières. Si l’assaillant a été stoppé net, le drame a ravivé un vieux débat : la deuxième ville de France manque-t-elle toujours de forces de l’ordre ? Le maire, Benoît Payan, a dénoncé un déficit chronique d’effectifs, regrettant que l’État n’ait pas annoncé de renforts supplémentaires malgré l’attaque.

Un profil instable, un déchaînement de violence

L’agresseur, de nationalité tunisienne et en situation régulière, était déjà connu de la justice pour des propos antisémites tenus devant une mosquée de Sète. La veille du drame, il avait été expulsé d’un hôtel du quartier Belsunce pour impayés. Selon le ministre de l’Intérieur, Bruno Retailleau, il est revenu sur les lieux le lendemain et a agressé son ancien colocataire, le gérant, puis le fils de ce dernier. Armé d’un couteau et d’une matraque, il a ensuite attaqué deux passants avant d’être neutralisé par les forces de l’ordre. Le ministre a tenu à saluer l’intervention rapide des policiers, tout en écartant la piste d’une radicalisation islamiste, privilégiant un mobile d’ordre privé.

Un appel pressant du maire

Pour Benoît Payan, cette attaque illustre une évidence : Marseille ne dispose pas du nombre de policiers nécessaire pour assurer la sécurité de ses habitants. « On a besoin de police dans la rue, sur le terrain », a-t-il martelé, estimant que la ville n’avait pas retrouvé le niveau d’effectifs d’il y a vingt ans. Le préfet des Bouches-du-Rhône avait bien annoncé, début juillet, l’arrivée d’une soixantaine de fonctionnaires dans le centre-ville. Une goutte d’eau pour le maire, qui a lancé un appel solennel au gouvernement. Alors que les victimes se remettent difficilement de leurs blessures, l’agression met une nouvelle fois en lumière la fragilité sécuritaire d’une métropole régulièrement confrontée à la violence urbaine. Pour les élus locaux, la question n’est plus de savoir si Marseille a besoin de plus de policiers, mais combien de temps l’État mettra encore à réagir.

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