L’alcool a transformé la soirée d’amis d’enfance en scène de crime
L’alcool a transformé la soirée d’amis d’enfance en scène de crime

Les gyrophares ont réveillé la rue du Trouillet à l’aube : un homme de 39 ans, transporté à Sainte-Anne dans le coma, venait d’y succomber à une hémorragie interne. En moins de deux heures, trois amis d’enfance ont remplacé les verres de vodka par des menottes ; ils sont désormais entendus pour meurtre. Les enquêteurs ont d’abord cru à un malaise. Pas de plaie ouverte, seulement un corps inerte sur le carrelage, les restes d’une fête qui s’achève trop tard. C’est le chirurgien de garde, intrigué par une artère carotide déchirée sans coupure apparente, qui a prévenu la police : la blessure ne vient pas de l’intérieur, quelqu’un — ou quelque chose — l’a provoquée. Les agents foncent alors vers le pavillon ; deux convives encore gris d’alcool errent dans le salon, un troisième a suivi l’ambulance jusqu’à l’hôpital et se fait cueillir dans la salle d’attente.

La table basse, seule arme du drame ?

Très vite, le scénario se recompose à voix cassée : beaucoup d’alcool, peut-être un peu de poudre blanche, puis une dispute sortie de nulle part entre la victime et l’un de ses copains d’école primaire. Les deux hommes se ceinturent, trébuchent ; la tête du futur défunt heurte violemment la table basse. Pas de verre brisé, pas de couteau : juste un choc si brutal qu’il tranche la carotide comme une lame invisible. Les amis paniquent, appellent les secours trop tard ; quand le SAMU franchit la porte, la pression sanguine s’est déjà effondrée.

Entre nostalgie et tragédie, l’enquête va trier les souvenirs

Les gardés à vue jurent qu’ils voulaient « fêter le bon vieux temps ». Les analyses toxicologiques diront si l’ivresse explique la violence ou si une autre substance a allumé la mèche. Pour l’instant, le parquet retient l’homicide volontaire ; la qualification pourrait évoluer si la bagarre est jugée « accidentelle ». Reste un constat simple : il a suffi d’une table basse et d’une bouteille vide pour qu’une bande de copains se transforme en suspects et qu’une soirée de retrouvailles bascule dans les statistiques des meurtres domestiques. Argenteuil se réveille avec une gueule de bois que personne, cette fois, ne pourra oublier.

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