Finistère : cinq gendarmes blessés lors d’un refus d’obtempérer à Saint-Pol-de-Léon @rawpixel
Finistère : cinq gendarmes blessés lors d’un refus d’obtempérer à Saint-Pol-de-Léon @rawpixel

La rave clandestine de Corps-Nuds n’a pas duré vingt-quatre heures mais a suffi à enflammer la nuit rennaise. Dans la nuit du 29 au 30 novembre 2025, une free-party illégale s’est tenue dans un entrepôt inoccupé de la zone des Grands-Sillons, au sud de Rennes. En quelques heures, des centaines de fêtards ont investi les lieux, bien décidés à faire trembler les murs au rythme des basses. Les forces de l’ordre, elles, ont tenté d’enrayer la fête avant son lancement. L’opération a tourné court, violemment repoussée par les participants. Bilan : plusieurs blessés, des véhicules dégradés et une autorité temporairement mise en échec. Dès une heure du matin, les premiers véhicules débarquent. Les organisateurs, coutumiers du genre, ont brouillé les pistes : repérages dans la région d’Arles, fausses tentatives près de Marseille, avant d’établir le point de chute à Corps-Nuds. Vers deux heures, le son retentit dans le hangar, les platines s’installent, la foule afflue. En quelques instants, l’espace est transformé en salle de concert sauvage. Les gendarmes, alertés de la manœuvre, interviennent dans la foulée pour tenter de stopper la fête. Mauvaise surprise : les fêtards ne sont pas seulement venus danser.

Affrontements nocturnes et repli forcé

Mortiers d’artifice, jets de projectiles, barres de fer : la riposte est immédiate. Un gendarme est grièvement blessé à l’œil, trois participants sont évacués vers le CHU de Rennes. La tension monte d’un cran. Les véhicules de la gendarmerie sont ciblés, certains endommagés. Face à la violence de la riposte, les forces de l’ordre se replient. L’entrepôt reste sous le contrôle des teufeurs. Dans l’attente de renforts, les gendarmes temporisent. Un escadron mobile supplémentaire et une brigade de CRS sont envoyés en appui dans la nuit. Au petit matin, environ cinq cents participants sont encore sur place. L’ambiance est retombée mais le hangar vibre toujours. Vers onze heures, les forces de l’ordre relancent une opération d’évacuation. Cette fois, sans heurts. Le site est vidé progressivement, le matériel saisi, le calme revient. La rave, stoppée net, n’aura pas atteint l’ampleur redoutée par les autorités qui craignaient jusqu’à mille cinq cents personnes. Les suites judiciaires restent à déterminer, mais les faits sont là : une rave improvisée, une intervention policière repoussée, des blessés et un entrepôt utilisé comme dancefloor improvisé. 

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