À Londres, la communauté indienne est en deuil. Samedi soir, des dizaines de personnes se sont réunies dans le temple hindou Siddhashram à Harrow pour rendre hommage aux victimes du tragique accident d’avion d’Air India, survenu cette semaine dans l’État indien du Gujarat. Le crash, l’un des pires qu’ait connu le pays, a coûté la vie à au moins 270 personnes, dont de nombreux passagers liés de près à la diaspora installée au Royaume-Uni.
La cérémonie, empreinte de solennité, a réuni des représentants des principales confessions indiennes — hindoue, sikh, jaïne, musulmane, parsie et zoroastrienne — aux côtés de membres de la communauté chrétienne. Un émissaire du roi Charles III était également présent pour transmettre un message du souverain et prononcer des prières en hommage aux victimes.
Rajrajeshwar Guruji, directeur spirituel du temple et originaire du Gujarat, a évoqué avec émotion les familles brisées par la tragédie. « Ils attendent encore… et ils ne reviendront plus », a-t-il confié, comparant l’attente vaine des proches à celle d’un retour qui ne viendra jamais. Le temple, qui entretenait des liens étroits avec plusieurs des passagers décédés, a activement aidé les familles britanniques à obtenir des informations depuis l’Inde.
Le choc est immense au sein de la communauté indienne du Royaume-Uni, forte d’environ 1,69 million de personnes. À Harrow, où vit une importante population d’origine gujaratie, la maire Anjana Patel a elle-même perdu un membre de sa famille dans l’accident. Présente à la veillée, elle a déclaré que le conseil municipal proposait un accompagnement psychologique aux familles endeuillées. « Nous ne pouvons tout simplement pas imaginer ce que vivent ces gens », a-t-elle déclaré.
Parmi les victimes figurait également Vijay Rupani, ancien ministre en chef de l’État du Gujarat, qui avait déjà visité ce même temple de Harrow par le passé. Pour de nombreux fidèles, sa disparition a rendu la tragédie encore plus tangible.
Le drame a aussi touché personnellement Jyotsna Shukla, 66 ans, dont le fils a perdu un ami d’enfance dans l’accident. Celui-ci voyageait avec sa femme et ses trois jeunes enfants. « Il était si jeune… », a-t-elle murmuré, submergée par les larmes. À Londres, comme dans toute la diaspora indienne, le choc laisse place à une profonde tristesse.