Charente-Maritime : onze mineurs violés par un éducateur sportif, incarcéré à Poitiers
Charente-Maritime : onze mineurs violés par un éducateur sportif, incarcéré à Poitiers

Un éducateur sportif de 29 ans, passé maître dans l’art de la manipulation, a vu son double visage se fissurer sous le poids de onze plaintes accablantes. Placé en détention provisoire le 30 septembre 2025 par la chambre de l’instruction de Poitiers, cet homme, qui officiait comme assistant d’éducation dans un collège de Charente-Maritime et coach de football auprès de 263 mineurs, est accusé de viols aggravés, agressions sexuelles et corruption de mineurs sur une décennie (2019-2025). Le procureur Arnaud Laraize, du parquet de La Rochelle, a qualifié l’affaire de « prolifération d’actes dans un contexte de prédation », un euphémisme pour une traque méthodique de proies vulnérables. Âgé de 9 à 17 ans, les victimes, garçons pour la plupart, ont brisé le silence, révélant un cauchemar fait de pénétrations anales, fellations forcées, attouchements, masturbations et envois d’images obscènes. L’incarcération, décidée malgré une défense plaidant la coopération, sonne comme un aveu : le risque de récidive est trop grand pour le laisser en liberté. L’affaire a démarré par un aveu intime, presque anodin : en août 2025, une ex-compagne a identifié l’accusé sur des photos intimes envoyées à sa fille mineure, des images de caleçon tendu et de sexe en érection. Ce signalement a ouvert les vannes. Interrogé initialement sous contrôle judiciaire à Tours, l’homme a craqué en garde à vue, reconnaissant non seulement ces faits, mais trois viols supplémentaires. « Tout avouer m’a permis de lâcher un poids », a-t-il lâché, invoquant un passé traumatique : violé lui-même en 2015 lors d’un apprentissage post-BTS commerce. Son casier judiciaire vierge n’a pas suffi à attendrir les juges. Mis à pied de son club de foot et ayant laissé filer son contrat au collège (employé depuis 2021), il n’a plus accès à ces terrains de chasse. Pourtant, l’enquête révèle une habitude glaçante : filmer et photographier les mineurs sans consentement, un trophée de sa déviance.

Un prédateur sous le masque du mentor

Le ministère public n’a pas hésité : « risque de réitération important », justifiant la détention malgré les suppliques de l’avocate, qui vantait une « volonté de coopérer » et un désir de « nouveau moi ». Mais les faits parlent d’eux-mêmes. Huit ans de silence, des actes cumulés sur des dizaines d’enfants confiés à sa garde, et une avalanche de preuves numériques. L’information judiciaire, ouverte pour viols aggravés et corruption, s’étend comme une toile d’araignée, et les magistrats craignent que ces onze victimes ne soient que la pointe de l’iceberg. Dans un département où le sport scolaire est un pilier, cette trahison interroge : comment un tel loup a-t-il pu hanter les vestiaires et les terrains sans éveiller les soupçons ? L’ex-compagne, en signalant les attouchements sur ses propres enfants, a joué les éclaireuses, mais combien d’autres ont étouffé leur honte ? Ce qui glace, c’est la proximité. Assistant d’éducation depuis 2021, il côtoyait quotidiennement ces adolescents, tissant une toile de confiance avant de frapper. Les viols, tentatives et échanges pornographiques se sont étalés sur des années, profitant des failles d’un système où les éducateurs sont des figures intouchables. Le parquet de La Rochelle, en appelant à la vigilance, rappelle que la prédation ne frappe pas au hasard : elle guette les fragiles, les isolés. L’accusé, incarcéré « dans les prochains jours », portera bientôt le poids de ses actes derrière les barreaux. 

Que retenir rapidement ?

Un éducateur sportif de 29 ans, passé maître dans l’art de la manipulation, a vu son double visage se fissurer sous le poids de onze plaintes accablantes.

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