Caen : pour une dette, il tire sur la maison des parents de son ami
Caen : pour une dette, il tire sur la maison des parents de son ami

Un différend financier a viré à la scène de guerre dans un village paisible du Calvados. Dans la nuit du 19 août 2023, à 3h45 du matin, huit coups de feu sont tirés sur une maison près de Saint-Pierre-sur-Dives. Une balle traverse le salon, d’autres endommagent les véhicules stationnés et la boîte aux lettres. À l’intérieur, Michèle et Hugo* sont réveillés en sursaut. Aucun blessé, mais un choc profond : leur domicile vient d’être pris pour cible. Ce mardi 17 juin, Jean* (24 ans) a été condamné à six ans de prison ferme pour cette attaque. Motif ? Il reprochait à Kevin*, leur fils, de lui devoir de l’argent. Incapable d’obtenir remboursement, il décide de s’en prendre à ses parents, épaulé par sa compagne Julie* (28 ans), qui le suit ce soir-là en voiture. Leur casier judiciaire parle pour eux : violences, trafic, vols, blanchiment… En perquisitionnant leur logement à Caen, les gendarmes tombent sur un arsenal, du cannabis, 18 000 euros en liquide et des objets de luxe.

Une dette, des menaces, des armes

Le procureur ne ménage pas ses mots : « Ces gens n’ont rien à voir avec ces histoires. Huit tirs avec une arme conçue pour tuer, en pleine nuit, sur un couple sans lien direct avec le conflit. » Il pointe aussi un train de vie incohérent avec les déclarations du couple : comptes bancaires en liquide, dépenses personnelles ridicules (80 euros par mois), et paiements en cash pour tout le reste. Une mécanique bien huilée, selon lui, de trafic et de blanchiment. Jean est reconnu coupable de l’ensemble des faits : violences aggravées, violation de domicile, détention d’armes, refus de déverrouiller son téléphone, trafic et blanchiment. Julie, elle, écope de 18 mois avec sursis probatoire de deux ans. Tous deux se voient interdire de séjourner en Normandie pendant cinq ans, et les biens saisis sont confisqués. Les parents de la victime, partie civile, devront attendre mars 2026 pour voir leurs demandes d’indemnisation examinées.

*Prénoms modifiés.

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