Ils formaient un trio organisé, discret mais efficace, et ciblaient méthodiquement des femmes, souvent âgées, à la sortie de supermarchés. Trois ressortissants péruviens viennent d’être interpellés à Bois-d’Arcy, dans les Yvelines, alors qu’ils venaient de commettre un énième vol à la tire. Une arrestation qui met un coup d’arrêt à une série de méfaits perpétrés aux quatre coins de l’Hexagone.
Une traque qui se termine dans un centre commercial
Le mercredi 2 avril 2025, une équipe de la brigade anticriminalité en planque sur le parking du centre commercial Leclerc de Bois-d’Arcy remarque une Opel suspecte. À bord, trois personnes, deux hommes et une femme, semblent en repérage. Quelques minutes plus tard, ils s’approchent d’une cliente de 62 ans. Tandis que deux d’entre eux l’accostent pour lui poser une question banale, le troisième en profite pour subtiliser son sac à main. Le stratagème est rodé, la fuite est rapide. Mais cette fois, la police est déjà là. Pris sur le fait, Yonifer (41 ans), José (46 ans) et Martha (47 ans) sont immédiatement interpellés.
Ce qui aurait pu passer pour un vol isolé s’inscrit en réalité dans une série bien plus vaste. Les enquêteurs ont vite fait le lien avec une vague de vols similaires recensés entre mars et avril 2025 dans plusieurs régions : Hautes-Alpes (Tallard, Veynes), Haute-Marne (Chaumont), Yvelines (Buc, Bois-d’Arcy), Var (Montauroux), Alpes-Maritimes (Grasse) et Côte-d’Or (Sombernon). Au total, 17 affaires pourraient leur être imputées. Pourtant, en garde à vue, les trois mis en cause nient tout en bloc. Ils évoquent un « coup de folie », une erreur passagère, et rejettent toute implication dans les autres affaires. Des dénégations balayées par les éléments matériels : téléphonie, vidéosurveillance, témoins… autant de preuves qui permettent aux enquêteurs de reconstituer leur parcours à travers la France.
En attente de jugement, derrière les barreaux
Malgré leurs tentatives de minimisation, le parquet a retenu la gravité et la répétition des faits. Les trois suspects ont été placés en détention provisoire dans l’attente de leur comparution devant le tribunal correctionnel de Versailles. Ils devront répondre d’une série de vols organisés et aggravés, avec pour circonstance aggravante le choix de victimes vulnérables, souvent des femmes retraitées. L’affaire illustre une nouvelle fois la recrudescence des délits commis par des groupes itinérants et bien rodés, capables d’agir rapidement dans plusieurs départements, avant de disparaître. Cette fois, la course s’est arrêtée dans un parking d’Île-de-France.