C’est une affaire sordide de traite humaine internationale qui a éclaté cette semaine à Aix-en-Provence. Une perquisition menée par la police dans un appartement de location a permis de découvrir un réseau bien rôdé de prostitution transnationale. Trois jeunes femmes, originaires de Colombie et du Venezuela, y étaient enfermées. À leurs côtés, un homme et une femme ont été interpellés puis placés en garde à vue. Ils sont désormais poursuivis pour proxénétisme aggravé, séquestration, traite d’êtres humains et blanchiment d’argent.
Recrutées en ligne, séquestrées dès leur arrivée en France
Selon les premiers éléments de l’enquête, les victimes avaient été recrutées depuis l’Amérique latine, via des réseaux sociaux cryptés, avec la promesse de travailler comme « dames de compagnie ». À leur arrivée à l’aéroport de Nice, le piège se referme : elles sont immédiatement conduites dans des appartements loués à Aix-en-Provence, Cannes ou Menton, et contraintes à la prostitution jusqu’à 16 heures par jour. Leurs papiers sont confisqués, leurs déplacements interdits, et leurs revenus intégralement saisis par leurs proxénètes. D’après les enquêteurs, quatorze jeunes femmes auraient été ainsi exploitées sur une période de deux ans. Les lieux utilisés, tous des logements de tourisme réservés sur des plateformes de location, étaient régulièrement changés pour éviter les soupçons. Une mécanique bien huilée, désormais stoppée net.
200 000 euros saisis, une présentation au juge imminente
Lors de l’intervention, les policiers ont saisi plus de 200 000 euros, dont 194 000 euros en espèces, attestant de l’ampleur financière du réseau. Les deux suspects, dont les rôles exacts restent à déterminer, ont été présentés à un magistrat ce vendredi 8 août. Le parquet d’Aix-en-Provence confirme que les investigations se poursuivent pour identifier d’éventuels complices, notamment dans les pays d’origine des victimes. Ce démantèlement vient s’ajouter à une série d’affaires similaires signalées ces derniers mois en France, marquant une intensification de la lutte contre les réseaux de traite à des fins d’exploitation sexuelle. Un phénomène en expansion, souvent appuyé sur des outils numériques et des structures éphémères difficiles à tracer. Mais cette fois, l’organisation a été prise de vitesse. Et pour ces jeunes femmes, un calvaire a pris fin.