À Nantes, l’émotion s’est mêlée à la colère mardi 23 septembre. Selon nos confrères de Presse Océan, plusieurs anciens élèves du collège-lycée Saint-Stanislas, victimes ou témoins de violences sexuelles survenues entre les années 1950 et 1990, ont choisi de se réunir et de créer un collectif. Leur objectif : briser le silence, accompagner les survivants et tenter de confondre les agresseurs encore en vie. Parmi eux, Thierry Jaumouillé, 61 ans, a déposé plainte le matin même au commissariat. Dans sa déposition, il raconte les agressions répétées subies à l’adolescence, entre 1979 et 1982, de la part de deux élèves mais aussi le rôle trouble d’un cadre laïc de l’établissement, qu’il accuse d’avoir couvert, voire encouragé, un climat hypersexualisé. Persuadé qu’il pourrait reconnaître ses agresseurs, il demande l’accès aux archives de l’établissement. Pour lui, il est temps que la lumière soit faite sur « un système » qui aurait fonctionné dans l’ombre pendant des décennies.
Une parole qui se libère, un collectif qui se construit
Dix victimes ont déjà été recensées par le diocèse pour la période 1958-1995. Mais les témoignages affluent encore, preuve que la parole se libère lentement. Emmanuel Cocaul, 60 ans, camarade de promotion de Thierry Jaumouillé, a tenu à être présent à ses côtés. Tous deux ne s’étaient pas revus depuis quarante-deux ans. Leurs retrouvailles, chargées de souvenirs douloureux, marquent le point de départ de ce collectif destiné à soutenir les anciens élèves. « Il faut redonner un peu de confiance aux victimes », martèlent-ils, convaincus que l’union permettra de mieux se faire entendre. Derrière cette démarche, l’idée n’est pas seulement de témoigner mais aussi d’agir : accompagner les plaintes, interpeller les institutions religieuses et scolaires, réclamer l’ouverture complète des archives. Plusieurs familles ont d’ores et déjà manifesté leur soutien, estimant que les violences sexuelles dans l’Église comme dans les établissements privés sous contrat n’ont pas fini de révéler leur ampleur.
Un diocèse sous pression
Le diocèse de Nantes, gestionnaire historique de Saint-Stanislas, avait reconnu en 2022 des faits d’abus commis par six auteurs différents. Mais les nouvelles plaintes mettent en évidence l’existence d’un phénomène plus large. Les responsables diocésains assurent vouloir collaborer avec la justice, tout en appelant les victimes à se manifester. Pour les anciens élèves réunis ce mardi, il ne s’agit pas seulement de solder le passé. Leur collectif entend obtenir des garanties que de telles dérives ne puissent plus se reproduire. La démarche, encore balbutiante, devrait se structurer dans les prochaines semaines. L’ambition affichée : transformer la honte et la douleur en un combat commun, capable de secouer des décennies de silence.
Que retenir rapidement ?
À Nantes, l’émotion s’est mêlée à la colère mardi 23 septembre. Selon nos confrères de Presse Océan, plusieurs anciens élèves du collège-lycée Saint-Stanis