Deux semaines après l’assassinat d’Inès, 25 ans, par son ex-compagnon, le centre-ville de Poitiers a été traversé samedi après-midi par une foule dense. Plus d’un millier de personnes ont accompagné la famille de la victime lors d’une marche blanche, signe d’un deuil collectif mais aussi d’une colère face à l’inaction dénoncée des institutions.
Une marche sous tension et émotion
Le cortège, parti de la place Notre-Dame, a rassemblé proches, amis et anonymes, vêtus de T-shirts portant l’inscription « Justice pour Inès ». Banderoles et pancartes accusaient un système incapable de protéger la jeune femme malgré ses multiples démarches auprès de la police. Sur le parcours, les participants se sont arrêtés devant l’hôtel de police pour pointer les défaillances de la protection judiciaire, avant de terminer la marche devant la préfecture.
Le symbole d’un drame national
Inès est le 109e féminicide recensé en France depuis le début de l’année 2025. Un chiffre qui illustre la persistance d’un fléau contre lequel associations et collectifs féministes dénoncent une faillite de l’État et de la justice. Malgré des dispositifs comme le téléphone grave danger dont disposait la victime, le drame n’a pas été évité. Pour les proches et les militants présents, ce rassemblement devait à la fois rendre hommage et rappeler l’urgence d’un changement profond dans la prise en charge des violences faites aux femmes.