Le président ukrainien Volodymyr Zelensky a affirmé que l’Ukraine aurait encore besoin du soutien financier de l’Europe pendant « deux ou trois ans » pour repousser l’invasion russe. Ce message s’inscrit dans le contexte d’une proposition de la Commission européenne visant à débloquer progressivement les avoirs russes gelés afin de financer la défense ukrainienne.
Une requête adressée aux dirigeants européens
Lors d’un briefing sous embargo, Zelensky a déclaré : « J’ai de nouveau insisté sur ce point auprès de tous les dirigeants européens. Je leur ai dit que nous n’allions pas nous battre pendant des décennies, mais que vous deviez montrer que, pendant un certain temps, vous seriez en mesure de fournir un soutien financier stable à l’Ukraine. » Il a ajouté que le plan envisagé sur « deux-trois ans » pouvait s’avérer suffisant si la guerre s’achevait plus tôt, mais que les fonds resteraient indispensables pour la reconstruction.
L’idée d’un prêt garanti par des avoirs gelés
La proposition européenne examinée en conseil des dirigeants vise à explorer les modalités de financement de l’Ukraine pour les deux prochaines années en s’appuyant sur les actifs russes gelés, estimés à environ 210 milliards d’euros. Lors du sommet européen de décembre, ce mécanisme de prêt basé sur ces fonds pourrait être soumis à arbitrage. Toutefois, la Belgique, qui détient une grande part de ces avoirs via Euroclear, manifeste des réserves, évoquant des risques juridiques et la nécessité d’un partage des responsabilités.
«On ne sait pas si Poutine relancera une agression ou non après la fin de cette guerre.»
Zelensky souligne que l’Ukraine ne peut pas compter sur une décision rapide ou définitive de paix, et qu’un appui financier constant est essentiel pour maintenir la résilience du pays. Il déclare : « On ne sait pas si Poutine relancera une agression ou non après la fin de cette guerre.»
Par ailleurs, il a exprimé l’espoir que l’ancien président américain Donald Trump fasse pression sur le président chinois Xi Jinping afin que la Chine réduise son soutien à la Russie, notamment ses importations d’hydrocarbures. « Cela pourrait être l’un de ses gestes forts, en particulier si, après ces sanctions décisives, la Chine est prête à réduire ses importations russes », a-t-il dit, en référence aux récentes sanctions américaines contre deux grands groupes pétroliers russes.