Tourisme mondial : la France reste numéro un… mais l’Espagne rafle la mise
Tourisme mondial : la France reste numéro un… mais l’Espagne rafle la mise

Avec plus de 102 millions de visiteurs étrangers en 2024, la France conserve son titre de destination la plus fréquentée au monde, selon l’Organisation mondiale du tourisme. L’Hexagone devance son éternelle rivale, l’Espagne (93,8 millions), et les États-Unis (72,4 millions). L’Europe dans son ensemble concentre d’ailleurs plus de la moitié des flux touristiques mondiaux, confirmant son attractivité planétaire. Derrière ces chiffres flatteurs, la carte mondiale du tourisme se redessine. La Turquie (60,6 millions de visiteurs) et l’Italie (57,8 millions) confirment leur statut de poids lourds, tandis que le Mexique, l’Allemagne et le Royaume-Uni ferment le top 8. Au total, près d’1,5 milliard de personnes ont voyagé à l’étranger l’an dernier, signe d’un rebond massif après la pandémie.

La France championne des arrivées, pas des recettes

Si l’Hexagone peut se féliciter de rester la première destination touristique, il n’en est pas de même sur le plan financier. L’Espagne, deuxième en volume, caracole en tête des recettes avec 126 milliards d’euros engrangés en 2024, contre seulement 71 milliards pour la France. Pire encore, l’Hexagone ne se hisse qu’à la quatrième place mondiale en termes de revenus liés au tourisme, derrière aussi les États-Unis et d’autres destinations. Cette différence de rendement interroge. Barcelone, par exemple, subit les effets pervers d’un afflux massif de voyageurs : explosion des locations de courte durée, hausse des loyers, départ des habitants des quartiers populaires. En France, les autorités redoutent un phénomène similaire, entre saturation des sites emblématiques et difficultés à capter une dépense touristique équivalente à celle de ses concurrents.

Un leadership fragilisé

Dominique Marcel, président de l’Alliance France Tourisme, avertit : se vanter d’accueillir le plus grand nombre de visiteurs ne suffit plus. À ses yeux, la véritable bataille se joue sur la capacité à retenir les voyageurs, à les inciter à dépenser davantage et à valoriser l’expérience française. Car si l’Hexagone reste le pays le plus visité, il n’est plus, selon lui, le « leader mondial du tourisme ». La France continue donc de séduire par son patrimoine et sa diversité, mais elle peine à transformer ses millions d’arrivées en milliards sonnants et trébuchants. Une faiblesse que ses concurrents européens exploitent habilement.

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