Séoul reste confiant malgré le gel judiciaire d’un contrat nucléaire de 18 milliards de dollars en République tchèque
Séoul reste confiant malgré le gel judiciaire d’un contrat nucléaire de 18 milliards de dollars en République tchèque

Les autorités sud-coréennes ont relativisé mercredi la décision d’un tribunal tchèque de suspendre temporairement un projet de 18 milliards de dollars portant sur la construction de deux réacteurs nucléaires par la Corée du Sud en République tchèque. Selon elles, ce contretemps n’est qu’un obstacle provisoire, et l’accord devrait finalement être conclu.

Le consortium sud-coréen, dirigé par l’entreprise publique Korea Hydro and Nuclear Power (KHNP), s’apprêtait à finaliser cette semaine un contrat majeur avec une filiale du géant énergétique tchèque CEZ. Toutefois, une décision de justice est venue bloquer la signature du contrat, dans l’attente de l’examen d’une plainte déposée par l’entreprise française EDF, évincée lors de l’appel d’offres.

S’exprimant à Prague, le ministre sud-coréen de l’Industrie, Ahn Dukgeun, a déclaré que la décision du tribunal ne remet pas en cause le fond du dossier, mais qu’elle pourrait entraîner un léger retard dans la signature officielle. Il a assuré que toutes les autres étapes du projet se poursuivraient comme prévu, si l’accord est confirmé. Il a aussi souligné que le gouvernement tchèque ne s’attendait pas à une telle décision judiciaire et que CEZ envisage de faire appel.

« Le gouvernement tchèque ne considérait pas les revendications d’EDF comme un obstacle majeur et nous avait invités à la cérémonie de signature comme prévu », a-t-il déclaré. « Il semble que la décision du tribunal soit en décalage avec le jugement du gouvernement. »

Lee Ju-Ho, président par intérim de la Corée du Sud, a assuré que Séoul continuerait de coopérer étroitement avec les autorités tchèques afin d’aboutir à la finalisation rapide du contrat.

En juillet dernier, CEZ avait sélectionné l’offre sud-coréenne pour la construction de deux réacteurs de 1 000 mégawatts sur le site de la centrale de Dukovany. EDF, qui avait contesté la procédure devant l’autorité tchèque de la concurrence, a vu son recours rejeté et s’est tournée vers la justice.

Ce projet s’inscrit dans une stratégie lancée par l’ancien président conservateur sud-coréen Yoon Suk Yeol, écarté du pouvoir en avril après une crise politique. Il avait fait de l’exportation de technologies nucléaires un axe majeur de sa politique industrielle, ambitionnant la vente de dix réacteurs à l’étranger d’ici 2030.

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